Tabac : les méthodes de sevrage

Publié le 04.11.2021  |   Actualité 2021-11-04

Il existe différentes méthodes pour surmonter la dépendance au tabac. Certaines ont fait la preuve scientifique de leur efficacité et sont recommandées par la Haute Autorité de Santé. Elles augmentent les chances de succès de votre démarche d’arrêt. D’autres, en revanche, n’ont pas fait l’objet de validation et ne sont pas recommandées par la Haute Autorité de Santé.

Quelle méthode choisir ?

Si vous êtes décidé à arrêter de fumer — et motivé pour arrêter ! — votre médecin traitant, un pharmacien ou un tabacologue peut vous aider à choisir la méthode la mieux adaptée à votre situation et vos attentes.

Avant toute chose, il est important d’évaluer votre dépendance à la nicotine en faisant le test de Fagerström afin de connaître la méthode de sevrage qui vous correspond le mieux. Ce test permet notamment de quantifier votre degré de dépendance à la nicotine.

La dépendance nicotinique ne représente qu’un aspect (parfois absent) de la dépendance au tabac : il y a aussi la dépendance comportementale et la dépendance psychologique.

Quelles sont les méthodes recommandées pour arrêter de fumer ?

Quatre méthodes pour arrêter de fumer ont fait la preuve scientifique de leur efficacité et sont recommandées par la Haute Autorité de Santé. Ce sont les traitements de substitution nicotinique (les patchs ou timbres transdermiques, les gommes à mâcher, les comprimés sublinguaux et les pastilles à sucer, les inhaleurs, et depuis peu les sprays buccaux), le bupropion (Zyban ®), la varénicline (Champix ®) et les thérapies comportementales et cognitives (TCC).

Les traitements de substitution nicotinique en vente sans ordonnance, mais remboursés sur prescription d’un professionnel de santé

Il existe en pharmacie des substituts nicotiniques qui permettent de diminuer la sensation de manque lors de l’arrêt du tabac. Disponibles sous plusieurs formes et plusieurs dosages, ces traitements apportent des réponses en fonction des situations rencontrées.

Leur durée d’utilisation recommandée est de trois mois, mais en pratique une utilisation plus longue peut être nécessaire. Les traitements de substitution nicotiniques les plus fréquents sont :

  • les gommes à mâcher, les comprimés sublinguaux(à placer sous la langue) dosés à 2 mg et les pastilles à sucer (1 mg, 1,5 mg, 2 mg et 4 mg) aident les fumeurs à gérer les moments qui leur semblent les plus difficiles,
  • les patchs (ou timbres transdermiques)à la nicotine permettent de maintenir le taux de nicotine dans le sang. Ils sont commercialisés, à ce jour, sous quatre marques différentes.
  • les timbres dits « 16 heures » (dosés à 5, 10,15 ou 25 mg) se placent sur la peau pendant une période allant du lever au coucher. Ils délivrent quasiment la même quantité de nicotine que celle obtenue en fumant et permettent d’éviter certains troubles du sommeil en réduisant la dose nocturne. Mais l’absence de nicotine au réveil entraîne souvent de fortes envies de fumer, dans les deux premières heures de la journée, chez les fumeurs très dépendants.
  • les timbres « 24 heures » (dosés à 7, 14 ou 21 mg) ont le même rôle que les précédents. Appliqués pendant 24 heures, ils évitent les manques matinaux parfois observés avec les timbres précédents. Ils peuvent, dans de rares cas, occasionner des troubles du sommeil par surdosage nocturne.

En 2018, le remboursement à 65 % des gommes génériques Eg Labo Laboratoires Eurogenerics et des patchs Nicoretteskin a été autorisé quel que soit le dosage (et 100% pour les patients en Affection de Longue Durée pour lesquels l'arrêt du tabac fait partie du traitement). Cela concerne également depuis le 3 juillet 2018 les patchs NicopatchLib, avec les trois dosages (7 mg, 14 mg et 21 mg). Et depuis 2019, le remboursement de toutes les formes transdermiques et des formes orales (sauf l’inhaleur) est effectif sur prescription faite un professionnel de santé (médecin généraliste ou spécialiste, infirmière, sage-femme, masseur-kinésithérapeute, chirurgien-dentiste).

Il est possible d’associer deux substituts nicotiniques chez les patients très fortement dépendants ou sous-dosés par un seul type de substitut. Plusieurs études ont montré une bonne tolérance et parfois une efficacité majorée de l’association de deux substituts nicotiniques afin d’obtenir une posologie optimale (Avis de la Commission de la Transparence, Champix®, 28/03/2007).

L’association de formes transdermiques (patchs) et de formes orales (pastilles, comprimés ou gommes) permet d’optimiser les chances de sevrage tabagique, de les doubler même. Les patchs permettent d’avoir un taux de nicotine de base, et les formes orales seront prises — à la demande — lorsque l’envie sera ressentie, au cours de la journée.

Les autres traitements de substitution nicotinique délivrés sur ordonnance

Ces méthodes thérapeutiques chimiques non nicotiniques doivent faire l’objet d’une prescription médicale et être accompagnées d’un suivi par un médecin qui connaît ces produits et le sevrage tabagique. Elles ne sont utilisées qu’en deuxième intention. À noter que les médicaments prescrits dans le cadre de ces méthodes ne font plus partie de la liste des traitements pris en charge par l’Assurance maladie dans le cadre du forfait annuel de 150 € par an et par personne. Le forfait de prise en charge concerne donc uniquement les substituts nicotiniques dont la liste, régulièrement mise à jour, est disponible sur le site Ameli.

  • Le bupropion (Zyban®)est un médicament sorti en Europe en 2001 (en 1997 aux USA) pour aider à l’arrêt du tabac. Il réduit les sensations de manque à la nicotine. Mais ses contre-indications et ses précautions d’emploi obligent à une prescription médicale et à une surveillance régulière du fait de ses effets secondaires (l’insomnie est l’effet indésirable le plus fréquent). Selon la HAS, il doit être utilisé dans le respect de ses contre-indications et après recherche systématique, chez tous les patients, de facteurs de risque de convulsions. Il se prend sous la forme de comprimés à avaler pendant huit semaines. Le Zyban® ne peut pas se prendre pendant la grossesse ou l’allaitement. Ce médicament fait partie de la liste des 77 spécialités pharmaceutiques faisant l’objet d’un suivi particulier par les autorités sanitaires, car il présente des risques de troubles psychiatriques, de dépression et de suicide.il n’est pas remboursé par l’assurance-maladie.
  • La varénicline (Champix®) a obtenu son autorisation de mise sur le marché européen en 2006. Indiqué dans l’aide à l’arrêt du tabac, ce traitement sous la forme de comprimés à avaler (2 par jour) réduit également les besoins en nicotine et limite les effets de manque. Selon la HAS, compte tenu des effets indésirables, en particulier ceux en relation avec le suicide et l’état dépressif, le rapport efficacité/effets indésirables de Champix© est moyen. Il ne doit être utilisé qu'en seconde intention, après un échec des traitements nicotiniques de substitution. Le Champix® n’est délivré que sur prescription médicale. Il est contre-indiqué chez la femme enceinte et allaitante. Jusqu’en 2016, son administration n’avait pas encore fait la preuve de son efficacité et de son innocuité en cas de certains problèmes de santé. Ce produit avait fait l’objet d’avis d’alerte par la FDA (Food and Drug Administration— USA) et l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) sur l’apparition de tendances et d’idées suicidaires chez les patients sous Champix®. Il fait également partie de la liste des 77 spécialités pharmaceutiques faisant l’objet d’un suivi particulier par les autorités sanitaires.  En 2016, suite à la publication de l’étude EAGLES, les autorités sanitaires américaines, puis européennes ont retiré leur avertissement concernant la varénicline. Le remboursement à 65% est revenu effectif en France en mai 2017, sur prescription médicale.

Les thérapies comportementales et cognitives : elles aident les fumeurs à arrêter avec ou sans apport médicamenteux. Il s’agit d’un travail psychologique permettant de modifier son comportement et/ou sa façon d’envisager l’usage de la cigarette. C’est une aide à l’apprentissage de nouveaux comportements, suite à cette dépendance comportementale et psychologique qui existe parfois depuis de nombreuses années.

Fumer depuis des années provoque et entretient des habitudes, des situations où l’on prend une cigarette sans même y faire attention, par réflexe, parfois sans en avoir envie vraiment. Comme les psychiatres et les psychologues, de nombreux tabacologues sont formés à la thérapie comportementale et cognitive (TCC). Ils pourront vous aider au repérage de vos difficultés et à ce travail de séparation avec la cigarette. Le nombre d’entretiens sera défini en fonction de vos besoins. En moyenne, six à dix consultations réparties sur six mois suffisent.

Même sans être formé aux TCC, le conseil minimal devrait être systématiquement proposé en consultation (médecin généraliste, sage-femme, gynécologue, tabacologue). Ce conseil consiste en deux questions courtes : « Fumez-vous ? » et « Est-ce que vous souhaitez arrêter ? ». Il permet de réduire chaque année le nombre des fumeurs de 200 000.

Les autres méthodes de sevrage tabagique (acupuncture, mésothérapie…) sont-elles efficaces ?

Il existe en effet d’autres méthodes pour vous aider à arrêter de fumer :

  • l’acupuncture,
  • l’homéopathie,
  • l’hypnose,
  • la mésothérapie,
  • etc

Si elles n’ont pas fait la preuve de leur efficacité à long terme, elles peuvent permettre à certains fumeurs de renforcer leur motivation au changement, c’est-à-dire un arrêt du tabac ou une réduction de leur consommation.

L’acupuncture et l’hypnose permettent de renforcer la motivation au changement de comportement, et de passer du stade de décision au stade d’arrêt.

Quels sont les prix moyens des différentes méthodes de sevrage tabagique ?

Pour les substituts nicotiniques, il est très difficile de donner le coût moyen d’un mois de traitement, car il est possible de combiner les différentes formes (patchs, gommes…), et les posologies varient d’une personne à l’autre.

De plus, les tarifs sont libres et ne sont pas les mêmes d’une pharmacie à l’autre. Depuis 2018, certains traitements nicotiniques de substitution sont remboursés par la sécurité sociale à 65%, et les prix sont fixes.

On peut cependant estimer que le coût moyen journalier est inférieur au prix d’un paquet de cigarettes qui est de 10 euros en moyenne en 2021.

Pour Champix®, le coût de traitement journalier est difficile à indiquer, car les schémas posologiques sont à adapter en fonction des effets indésirables et de la réponse, ou non, au traitement. Depuis 2017, en raison de l’absence d’effets secondaires notoires, le Champix® est remboursé à 65% par la sécurité sociale.

D’une manière générale, il convient de discuter avec votre médecin du meilleur choix thérapeutique disponible pour votre cas.

Existe-t-il des aides financières ?

Depuis 2019, votre caisse d’assurance maladie prend en charge l’achat des substituts nicotiniques (à hauteur de 65%) sur présentation d’une ordonnance. Celle-ci peut être faite par un médecin généraliste ou spécialiste, une sage-femme, une infirmière, un chirurgien-dentiste, un masseur-kinésithérapeute, sur une ordonnance exclusivement consacrée aux substituts nicotiniques. Aucun autre traitement ne doit figurer dessus.

Par exemple, si une personne est traitée pour de l’hypertension artérielle et qu’elle souhaite utiliser des patchs pour arrêter de fumer, son médecin devra établir deux ordonnances : une pour le traitement de l’hypertension, une autre pour les patchs.
Votre mutuelle prend peut-être également en charge le sevrage tabagique, à hauteur de 35%. Vous pouvez vous renseigner auprès d’elle.
 

Sources :

Mutuelle Mieux-Etre Logo Mutuelle Mieux-Etre

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