Centres, maisons et pôles de santé : quelles différences ?

Publié le 09.04.2015  |   Dossier 2015-08-28

Trois professionnels pour un seul déplacement, c’est l’avantage des centres de santé, qui rassemblent sur un même lieu médecin généraliste, spécialiste et infirmier, par exemple. Les centres municipaux, pionniers en la matière, ont repris le flambeau des dispensaires créés durant l’entre-deux-guerres. Majoritairement implantés dans les zones urbaines défavorisées, ils jouent la carte de la proximité et pratiquent quasi systématiquement le tiers payant.

maison de santé
C’est sur ce modèle que se sont bâtis les centres de santé associatifs gérés par la Mutualité française (lire l’encadré) ou par la Sécurité sociale. Plus récents (une vingtaine d’années en moyenne), ils défendent tout autant l’égalité de l’accès aux soins en veillant au conventionnement des médecins, y compris pour les spécialistes, comme les gynécologues, les cardiologues ou les ophtalmologues. Un atout de taille, quand un Français sur trois renonce à se faire soigner face à l’augmentation du reste à charge. La coopération entre professionnels de santé est omniprésente, permettant un suivi global du patient, avec la mise en place de projets d’éducation thérapeutique pour ceux qui souffrent d’une maladie chronique (diabète, insuffisance cardiaque ou rénale). Les centres mutualistes s’impliquent également dans la prévention, à travers des actions de dépistage : cancer du sein, risque cardiovasculaire, consultation d’aide au sevrage tabagique, test de mémoire, etc.

Médicaux et paramédicaux en un même lieu

Les maisons de santé sont nouvelles dans le système de soins français, mais elles se sont développées très vite, surtout dans les zones rurales confrontées à la désertification médicale. Leur objectif est de maintenir (ou de créer) une offre de soins la plus large possible : médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, mais aussi sages-femmes, psychologues, orthophonistes ou orthoptistes. Elles proposent ainsi une prise en charge globale, assurant également la coordination avec l’hôpital. Les projets sont financés par des fonds publics. Les médecins installés versent, à ce titre, un loyer à la collectivité locale du lieu d’implantation.


Les pôles de santé, eux, ont la même diversité professionnelle, mais répartie sur plusieurs sites. La démarche est en effet différente : il s’agit le plus souvent de professionnels de santé liés par un projet médical commun, mais qui ont choisi de continuer à exercer dans leurs cabinets respectifs. Les moyens administratifs étant mutualisés, le suivi des patients est optimisé. Une soixantaine de médecins et de paramédicaux ont ainsi créé le pôle de santé Chambéry Nord, en Savoie. La flexibilité de ce statut permet aussi de constituer des pôles d’envergure qui incluent, aux côtés d’un centre hospitalier et d’une clinique par exemple, un centre ou une maison de santé.

Des médecins séduits par le travail en équipe

Les professionnels de santé sont séduits par ces modèles de regroupement : les médecins de moins de 40 ans sont près de huit sur dix à travailler en groupe, selon l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes)*, les jeunes praticiens exprimant clairement leur souhait de concilier vie professionnelle et vie personnelle. Par ailleurs, le secrétariat mutualisé les allège du volet administratif, qui représente environ 12 % de la charge de travail d’un généraliste, toujours selon l’Irdes.


Quant à leur statut, il diffère d’une structure à une autre : si dans un centre de santé municipal ou associatif les médecins sont salariés, dans les maisons et les pôles de santé ils exercent en libéral, en secteur 1 ou 2, ce dernier impliquant des dépassements d’honoraires.

Soyez vigilant et pensez à vérifier leurs tarifs dans la salle d’attente, cet affichage répondant à une obligation légale.    

V. Pageot-Françoise

 

* « Les formes du regroupement pluriprofessionnel en soins de premier recours », rapport de A. Afrite et J. Mousquès, Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), 2014.

 

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