Détecter la rupture d’anévrisme

Publié le 12.09.2016  |   Dossier 2018-03-05

La rupture d'anévrisme fait peur. Elle entraîne la mort une fois sur deux et peut aussi laisser de lourdes séquelles. Difficile à prédire, cet accident vasculaire cérébral survient souvent sans prévenir. De réels progrès en matière de dépistage et de prise en charge ont néanmoins été faits et, dans certains cas, des signes avant-coureurs peuvent donner l’alerte. rupture anévrisme - actu mieux etre

En France, 2 à 3 % de la population (soit plus d’un million de personnes) est porteuse d’un anévrisme, une dilatation anormale de la paroi d'une artère irriguant le cerveau, où se forme une poche de sang qui peut grossir en fonction de la pression sanguine. Cette anomalie, qui ne peut être détectée que par un scanner ou une IRM, concerne principalement les adultes de plus de 40 ans et trois fois plus souvent les femmes que les hommes. « Environ 5 000 patients sont pris en charge chaque année en France pour une hémorragie méningée par rupture d’anévrisme, explique le docteur Guillaume Penchet, neurochirurgien au CHU de Bordeaux. Parmi eux, 40 à 50 % décèdent au cours de la rupture et 50 à 60 % survivent, dont la moitié sans séquelles neurologiques à un an. » 

Des signes avant-coureurs

Dans la majorité des cas, la rupture se produit sans signes avant-coureurs, mais parfois, l’anévrisme, en grossissant de manière brutale, se fissure, ce qui se traduit par de violents maux de tête. Ainsi, « il est possible de noter l’existence d’une céphalée “sentinelle” dans les semaines précédant la rupture, poursuit le docteur Penchet. Celle-ci correspond à la survenue brusque d’une céphalée violente, parfois accompagnée de vomissements et qui disparaît d’elle-même en quelques heures ». Dans des cas très exceptionnels, certains symptômes de déficiences neurologiques (douleurs autour des yeux, pupilles dilatées, par exemple) peuvent révéler la présence d’un anévrisme de taille importante qui comprime une région du cerveau.

Eviter l’alcool et le tabac 

Même si l’origine des anévrismes intracrâniens est mal connue, on sait qu’elle peut être pour partie congénitale, mais aussi héréditaire. « L’existence d’une hypertension artérielle ou d’un tabagisme chronique, voire d’un alcoolo-tabagisme, augmente le risque de développer et de rompre un anévrisme », ajoute le docteur Penchet. Le cholestérol et le diabète sont d’autres facteurs favorisants. 
Aucun traitement médicamenteux n’existe à ce jour pour prévenir la formation ou la rupture d’un anévrisme. « La prévention passe essentiellement par la correction des facteurs de risque identifiés : arrêt des intoxications alcoolo-tabagiques et correction rigoureuse d’une hypertension artérielle », conseille le docteur Penchet. 
Une opération peut être envisagée à titre préventif si l’anévrisme atteint un diamètre de 7 millimètres et menace de rompre, mais cela représente un important risque de complications (paralysies, notamment). La balance bénéfices-risques est alors soigneusement étudiée avec le patient, mais « l’appréciation du risque de rupture d’un anévrisme asymptomatique s’est affinée sensiblement ces dernières années, ce qui permet d’optimiser la décision éventuelle d’une exclusion préventive ou d’une surveillance évolutive », précise le neurochirurgien.    

Catherine Chausseray

 

L’anévrisme de l’aorte abdominale, méconnu et facilement dépistable
Il porte le même nom que l’anévrisme cérébral tant redouté, mais ce n’est pourtant pas la même pathologie. Cette maladie cardiovasculaire, moins connue, peut aussi être fatale si elle n’est pas dépistée à temps. L’anévrisme abdominal, aujourd’hui la troisième cause de décès liés aux maladies cardiovasculaires (6 000 à 7 000 décès par an), apparaît lorsqu’un segment de l’aorte – la plus grosse artère du corps, qui part du cœur et descend dans le thorax jusqu’à l’abdomen, où elle se divise pour irriguer les jambes – se dilate jusqu’à former une poche où le sang s’accumule. La rupture de cette poche peut entraîner une douleur sévère et une hémorragie interne massive. Pour le détecter, une simple palpation de l’abdomen, voire une échographie abdominale suffisent. De plus, les sujets à risque sont identifiés. L’anévrisme abdominal, qui touche 4,3 % des hommes et 2,1 % des femmes, survient en premier lieu chez les personnes âgées de 65 à 80 ans. Les principaux facteurs sont l’âge, l’hypertension, le tabagisme et, surtout, les antécédents familiaux. Une fois l’anévrisme décelé, une surveillance accrue est mise en place afin de permettre une intervention chirurgicale rapide (pose d’une prothèse vasculaire) s’il évolue de façon inquiétante et dépasse les 5 centimètres de diamètre. 

 

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