Hyperacousie : Mutuelle Mieux-Etre vous parle de cette maladie.
Santé et prévention -

L'enfer de l'hyperacousie

Cette maladie touche environ 2 % de la population et se caractérise par un seuil de tolérance aux bruits anormalement bas. « Pour une audition normale, le seuil d’inconfort se situe aux environs de 90 dB, [...]

Cette maladie touche environ 2 % de la population et se caractérise par un seuil de tolérance aux bruits anormalement bas. « Pour une audition normale, le seuil d’inconfort se situe aux environs de 90 dB, le seuil de risque, à 105 dB, et le seuil de douleur, à 120 dB, précise Philippe Genovese, audioprothésiste à Nice. Les personnes souffrant d’hyperacousie peuvent, elles, ressentir une douleur à partir de 60 dB. »

Des lésions irréversibles

Cette atteinte apparaît souvent après des expositions temporaires (concert, pétards, etc.) ou répétées (dans le cadre professionnel) à un niveau sonore élevé. Elle est fréquemment associée à des acouphènes, à des nausées et à des vertiges. Elle peut être très invalidante. Et ça l’est d’autant plus que les lésions sont irréversibles. L’oreille interne – le « cerveau » de notre organe chargé d’analyser les sons – est constituée d’environ 15 000 cellules qui peuvent être endommagées ou détruites. Or, celles-ci ne se régénèrent pas.


« Il y a deux façons d’agresser les oreilles, schématise l’audioprothésiste : soit avec une exposition courte, mais intense aux bruits, soit avec une exposition prolongée à des sons d’intensité moins élevée. Le résultat est cependant le même. » Et les professionnels tirent la sonnette d’alarme : ils se disent inquiets face à l’augmentation des jeunes qui consultent après une soirée « à fond les baffles ».

Prévenir plutôt que guérir

Là où la guérison est impossible, il reste l’information en amont, la prévention. Les pouvoirs publics et les associations se mobilisent pour faire passer des messages dans les collèges et les lycées lors des Journées nationales de l’audition et sur les sites dits à risque, comme les festivals de musiques actuelles. La législation a également été adaptée, dès 1998, pour limiter le volume sonore dans les lieux festifs (105 dB) et brider les baladeurs (100 dB).


Si l’hyperacousie est établie, il est toutefois possible de soulager le patient : la gêne peut être atténuée par le port de « bruiteurs », des générateurs de « bruit blanc » contenant toutes les fréquences audibles par l’homme à la même intensité. « Le port de [ces appareils] doit être régulier avec un réglage du spectre du bruit en fonction de l’évolution de l’hyperacousie et de l’habituation du patient, explique Philippe Genovese. On peut ainsi améliorer le confort de vie. » L’idéal restant, bien sûr, de prévenir plutôt que de guérir.

Restez à l’écoute de vos oreilles

Pour ménager vos oreilles, quelques précautions de bon sens s’imposent.

  • Respectez les temps de pause en vous isolant au mieux de la source sonore (dix minutes toutes les quarante-cinq minutes minimisent les risques de lésion).
  • Evitez de vous positionner à l’endroit où le son est le plus fort, près des haut-parleurs notamment.
  • Utilisez des protections auditives, même légères, dans les lieux très bruyants (concerts, boîtes de nuit…).
  • Contrôlez le volume de votre baladeur et respectez des pauses dans son utilisation. Même si la puissance de ces appareils est limitée à 100 dB depuis 1998, la limite nocive est atteinte à 85 dB au bout de huit heures. Une durée d’écoute plus longue suffit à causer une perte auditive immédiate, grave et permanente.
  • Tenez compte également de votre état de fatigue, car les oreilles sont fragilisées en prop

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