Quand le mal-logement rend malade

Publié le 10.05.2017  |  Actualité

D'après le dernier rapport de la Fondation Abbé-Pierre, le mal-logement en France toucherait près de 15 millions de personnes. Les conditions de vie particulièrement difficiles, ne sont pas sans conséquences sur la santé.

Quand on est malade, on reste à la maison, mais quand c’est le logement qui rend malade ? » C’est avec ce slogan, utilisé dans sa campagne de sensibilisation de 2007, que la Fondation Abbé-Pierre (FAP) interpellait pour la première fois le grand public sur les conséquences du mal-logement sur la santé. Depuis, même si les 
logements dépourvus du confort sanitaire de base (eau chaude, cuisine, sanitaires) sont toujours moins nombreux (ils représentaient 1 % de la totalité du parc en 2013, contre 15 % en 1984), « il existe encore beaucoup trop de cas de non-logement, de logement indigne ou de bidonvilles », constate Christophe Robert, délégué général de la FAP. D’après le dernier rapport de la fondation, publié en janvier 2017, la France compterait près de 4 millions de mal-logés, dont 143 000 sans-domicile-fixe (SDF).Un chiffre qui grimperait même à plus de 14,5 millions si l’on ajoute les personnes en situation d’habitat surpeuplé, d’effort financier excessif pour payer leur loyer ou encore de précarité énergétique. « La mauvaise qualité des logements et notamment l’absence d’isolation, la fragilité économique des populations et la hausse des coûts de l’énergie conduisent à des histoires dramatiques, explique Christophe Robert. Les personnes souffrent de l’humidité, du froid, de la chaleur et finissent par tomber malades. »

Les SDF premières victimes du mal-logement

Face au mal-logement, les premières victimes sont incontestablement les SDF. Dans la rue, on meurt à 49 ans mal-logement, insalubrité, santé - Mutuelle Mieux-Etre en moyenne, soit nettement en deçà de l’espérance de vie du pays. Parmi les pathologies les plus représentées chez les sans-abri, on trouve les maladies respiratoires et digestives, les troubles du comportement alimentaire ou encore les maladies de peau, sans parler de la fréquence des troubles psychiques et des problèmes de dépendance à l’alcool ou aux drogues.
Dans les bidonvilles, la promiscuité et le surpeuplement augmentent encore les risques sanitaires. Les acteurs de terrain y constatent la recrudescence de certaines épidémies, comme la tuberculose, ou l’apparition de pathologies comme les shigelloses ou les dysenteries bacillaires – des infections intestinales transmises par l’eau et les aliments souillés, proches de celles que l’on trouve dans les camps de réfugiés –,ainsi que des problématiques psychiques. La localisation de ces habitations de fortune, souvent situées sur des sols pollués, à proximité de décharges ou d’échangeurs d’autoroute et à distance des infrastructures de base, n’arrange pas les choses. Selon un rapport de Médecins du monde, la mortalité néonatale dans les bidonvilles serait huit fois supérieure à la moyenne française, et la mortalité infantile cinq fois supérieure. Quant à l’espérance de vie, elle ne dépasserait pas 50 à 60 ans.

Avoir un toit ne préserve pas forcément la santé

« On le voit, ne pas avoir de véritable logement produit des effets sanitaires parfois très graves, mais, malheureusement, un toit sur la tête ne préserve pas forcément la santé », précise Christophe Robert. Au-delà de l’absence de WC, de chauffage, de cuisine ou d’eau chaude, « bien d’autres critères d’inconfort peuvent se 
cumuler », note la FAP dans son rapport. Humidité sur les murs, problèmes d’isolation, infiltrations d’eau ou installations électriques dégradées : en 2013, 10 % des logements rassemblaient au moins trois de ces défauts. Dans ces lieux, la fondation constate une présence accrue des pathologies chroniques (bronchite, arthrose, asthme) et aiguës (rhume, angine, grippe, diarrhée), ainsi que des symptômes associés (sifflements respiratoires, irritations oculaires…). Parmi les personnes exposées à la précarité énergétique, 41 % souffriraient d’anxiété et de dépression, contre 29 % chez les autres ménages. De plus, « dans les logements trop petits et surpeuplés, la promiscuité joue sur l’épanouissement du couple et de la famille, mais aussi sur la qualité du sommeil et sur le développement psychomoteur des enfants », souligne Christophe Robert. Autant d’éléments difficilement mesurables par la statistique publique, mais qui produisent des effets véritablement délétères sur ces habitants déjà lourdement fragilisés par leur situation économique.

Delphine Delarue

 

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