Quand la jeunesse se révolte pour sauver la planète

Publié le 17.04.2019  |  Actualité

Partout dans le monde, les jeunes se mobilisent pour inciter les gouvernements à faire face à l’urgence écologique. La génération Z pourra-t-elle changer la donne ?

Le mouvement des jeunes pour la planète, initié en Suède par Greta Thunberg, fait tache d’huile. Lors de la Cop 24 de 2018, cette Suédoise de 16 ans avait appelé les dirigeants à agir et à cesser de se comporter de manière « immature et irresponsable » face aux conséquences du dérèglement climatique. Elle reprochait aux gouvernements leur inaction et appelait la jeunesse du monde entier à s’engager et à faire grève pour le climat. En France aussi, les moins de vingt ans s’inquiètent pour leur futur. Ils manifestent leur peur et leur volonté de faire bouger les choses. Et si cette génération est davantage consciente des enjeux, c’est bien parce que c’est celle qui risque d’en récolter bientôt les effets destructeurs.

Changer les règles

Beaucoup de lycéens ont participé aux manifestations des 15 février et 15 mars 2019. Ceux qui se sont exprimés ont témoigné leur colère vis-à-vis des générations antérieures qui ont, selon eux, laissé la situation s’aggraver en toute insouciance. Ainsi, Marie, 18 ans, expliquait dans l’édition du 15 mars du quotidien Libération : « Depuis notre plus jeune âge, on nous bassine avec les problématiques liées à l’environnement, la sauvegarde de la planète, de sa faune et de sa flore, ou encore de la pollution. En grandissant, j’ai réalisé avec stupéfaction toute l’hypocrisie qui résidait chez ces personnes qui nous enseignaient l’importance du recyclage et des transports en commun. Comment la génération qui avait ignoré durant des décennies les signaux d’alarme des scientifiques quant au dérèglement climatique pouvait-elle se permettre de nous donner des leçons ? Jusqu’où allait leur légitimité, alors qu’ils étaient les premiers à se promener partout en voiture, consommer à outrance et jeter leurs mégots dans la rue ? »

Un comportement « éco-responsable »

Car si leurs aînés tirent depuis longtemps la sonnette d’alarme, ils n’ont pas pour autant modifié radicalement leursplanète - environnement - climat - Mutuelle Mieux-Etre comportements. lorsqu’ils se mobilisent, c’est surtout pour préserver leur pouvoir d’achat. C’est notamment ce qu’Ismaël leur reproche. Ce jeune étudiant parisien de 19 ans déclare, dans les colonnes de ce même journal, qu’il « hallucine totalement de voir que la question de la croissance n’est pas du tout remise en question ». Acheter en vrac, d’occasion, manger bio et local, consommer moins (ou plus du tout) de viande, bannir le plastique, ne plus prendre l’avion… les jeunes essaient par leur mode de vie et leurs choix en tant que consommateurs d’influer sur les grands acteurs de l’économie. Mais ils sont lucides. Ils savent bien, pour sortir de l’impasse actuelle, que les efforts individuels ne suffiront pas et qu’il faudra impérativement que les pouvoirs publics et les grosses entreprises changent eux aussi. On les disait déconnectés, individualistes, dépolitisés : les millennials donnent aujourd’hui une leçon à leurs aînés. Ils montrent qu’ils savent se mobiliser et proposer un nouveau modèle. Leur cause : donner un avenir à l’humanité, tout simplement.

Youth for climate : la jeunesse s’organise à travers le monde

Incarné par la lycéenne suédoise, Greta Thunberg, le mouvement international Youth for climate (la jeunesse pour le climat) s’étoffe et se structure au fil du temps. Il a aussi pris racine en France, où des lycéens et des étudiants – à chaque fois un peu plus nombreux – organisent des actions (grèves, manifestations réunions). Une page Facebook, Youth for climate France, informe sur les événements programmés dans les grandes villes.ur de l’Institut de métrologie et d’évaluation de la santé (IHME, université de Washington), ces recherches montrent « ce que nous sommes nombreux à penser depuis des années : une mauvaise alimentation est responsable de davantage de morts qu’aucun facteur de risque au monde ». A titre de comparaison, le tabac tue environ 7 millions de personnes chaque année d’après l’organisation mondiale de la santé (OMS).

 

Isabelle Coston

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