Vaccins : réponse aux questions que vous vous posez

Publié le 20.10.2021  |   Actualité 2021-10-20

Pourquoi la préconisation du vaccin contre le tétanos est passée de 10 ans à 20 ans ?

La protection des vaccins DTP (diphtérie-tétanos-poliomyélite) dure bien au-delà de 10 ans. Le calendrier vaccinal a donc pu être simplifié.
Cela a permis :
- d'une part de réduire le nombre de rappels,
- d'autre part de passer d'une logique d'intervalle régulier à une logique d'âges clés (25, 45, 65 ans, puis 75, 85 ans) plus facile à mémoriser.
Attention, avec l'âge, l'immunité est un peu moins performante : à partir de 75 ans le délai entre deux rappels repasse à 10 ans.

Lors du rappel du DTP, pensez à la stratégie du "cocooning".
La stratégie du cocooning vise à protéger les nourrissons de moins de 6 mois en vaccinant l'entourage, et les professionnels de santé ou de la petite enfance. Pour en savoir plus.
Discutez avec votre médecin pour voir s'il ne serait pas judicieux de profiter du rappel du tétanos, pour réaliser en même temps le rappel de la coqueluche et protéger ainsi les nourrissons de votre entourage proche.
En effet, il n'existe pas de vaccin pour protéger uniquement de la coqueluche. Les vaccins utilisés protègent les adultes de quatre maladies : la diphtérie (d), le tétanos (T), la poliomyélite (P) et la coqueluche (ca).

Le calendrier vaccinal est publié chaque année après avis du "comité technique des vaccinations du Haut Conseil de Santé Publique". Il tient compte des nouvelles connaissances sur la durée de protection des vaccins.

A-t-on assez de recul pour être sûr que vacciner nos enfants contre 4 à 5 maladies en même temps n'est pas nocif ?

Des données scientifiques rigoureuses montrent que l’administration de plusieurs vaccins en même temps n’a aucun effet néfaste sur le système immunitaire de l’enfant.
Cela permet :
- de limiter le nombre d'injections,
- le nombre de consultations,
- et de suivre au mieux les recommandations du calendrier vaccinal.

Pour rentrer en collectivité, la vaccination contre 11 maladies est obligatoire pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018. Ces 11 maladies sont la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, la rougeole, les oreillons, la rubéole, l’Haemophilus influenzae de type B, l’hépatite B, le pneumocoque et le méningocoque C.
Ces 11 maladies sont loin d'être bénignes pour nos enfants (les risques encourus sont : méningite avec séquelle, épiglottite avec asphyxie du nourrisson, pneumonie, cancer...)

Ces vaccins figurent depuis longtemps dans le calendrier vaccinal, ils ne sont pas nouveaux. Ils sont souvent combinés.

La vaccination protège votre enfant de ces maladies infectieuses, mais aussi les autres enfants de la collectivité, trop jeunes pour être vaccinés. Pour en savoir plus.

Pourquoi administrer le vaccin dans le muscle alors que c'est encore plus dangereux et que les médecins de nos pays européens voisins vaccinent dans l'omoplate ?

L'omoplate est aussi une voie intramusculaire.
Il faut comprendre que chaque médicament a une voie d'administration qui lui est propre. Les études d'efficacité, d'innocuité d'un médicament sont faites pour une voie d'administration bien définie. Donc pour administrer un médicament dans les meilleures conditions, il faut respecter la voie d'administration indiquée dans l'AMM (Autorisation de mise sur le marché).
Ainsi, les fabricants de vaccins préconisent principalement la voie intramusculaire, ou la voie sous-cutanée profonde. La voie intradermique est réservée au BCG et doit être pratiquée par un professionnel habitué à ce type d'injection.

La préférence pour la voie musculaire s'appuie sur des critères d'immunogénicité et de tolérance.

L'injection se fait en général au niveau du deltoïde pour les enfants, les adolescents, et les adultes ; et au niveau de la face antéro-latérale de la cuisse (zone sans danger) chez le nourrisson (le deltoïde n'étant pas encore suffisamment développé). L'injection dans la fesse n'est plus recommandée (risque de léser le nerf sciatique et le tissu adipeux y est très épais).
Pour en savoir plus.

Pourquoi se faire vacciner contre certaines maladies qui ont presque disparu ou pour des virus qui ont une durée de vie cyclique comme la polio ?

Elles ont presque disparu, mais pas complètement… Si la couverture vaccinale diminue, les épidémies reviennent.

- Prenons l'exemple de la poliomyélite.
La poliomyélite est une infection virale qui dans sa forme la plus grave provoque des paralysies des bras, des jambes, des muscles, de la respiration. Elle peut laisser des déformations définitives.

En France, il n'y a plus eu de cas de poliomyélite autochtone depuis 1989. Mais les microbes ne s'arrêtent pas aux frontières. Il y a encore des foyers de poliomyélite dans le monde malgré les campagnes de vaccination internationale. Si on cesse de vacciner contre cette maladie, la couverture vaccinale de la population française sera moins bonne, et la maladie, rapportée par un voyageur ou apportée par un visiteur, pourrait réapparaître.

3 pays ne sont pas parvenus à ce jour à interrompre la transmission : l'Afghanistan, le Nigéria et le Pakistan. 
 

- Prenons l'exemple de la rougeole
La rougeole, qui est une maladie extrêmement contagieuse, nécessite un taux de couverture vaccinale de 95% de la population pour que l 'épidémie soit contrôlée.
Actuellement en France, comme la couverture vaccinale est insuffisante, on constate une recrudescence de cas de rougeole.

La rougeole, souvent considérée à tort comme une maladie bénigne de l'enfance, peut entraîner des complications graves à court terme au niveau des poumons et du cerveau, et une complication redoutable à long terme toujours fatale (encéphalite).
Il est important de veiller à ce que la deuxième dose de rappel ne soit pas oubliée : une seule dose ne suffit pas.

Statut vaccinal des personnes nées depuis 1980 : bien vérifier que le vaccin a été administré à deux doses.

Il semblerait que les adjuvants à base d'aluminium présents dans les vaccins pour booster la réponse immunitaire de l'organisme soient au cœur des polémiques. Est-il nécessaire d'adjoindre un produit aussi dangereux pour l'organisme à des nourrissons de quelques mois ?

L'aluminium est maintenant présent depuis 1926 dans les vaccins. Les sels d'aluminium sont les adjuvants les plus utilisés.

L'adjuvant est indispensable pour stimuler la réponse immunitaire. De plus, il permet de réduire les quantités d'antigènes présents dans les vaccins, et le nombre d'injections.
Nous avons du recul (90 ans), des millions de doses injectées. Bien que des traces d'aluminium puissent rester autour de point d'injection, aucun effet nocif n’a été établi.
Une étude a mis en cause l'aluminium dans les vaccins. Mais d'autres études ne confirment pas ces résultats et à ce jour aucune étude n’a permis de démontrer l’existence d’un effet nocif lié à l'aluminium.

Compte-tenu des données disponibles à ce jour à l’échelle internationale, soyez rassurés.
De plus, sachez que l'aluminium est un métal très abondant sur terre. Nous en absorbons chaque jour un peu par voie orale. L'aluminium est naturellement présent dans certains aliments, dans l'eau, mais aussi dans l'agroalimentaire, les canettes, les médicaments (antiacides par exemple), la cosmétique (les déodorants principalement).
En comparaison, les quantités apportées par les vaccins sont faibles.

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