La pratique régulière d'activités physiques peut-elle être néfaste à la santé de l'enfant et de l'adolescent ?

Publié le 06.10.2021  |   Actualité 2021-10-06

Il est amplement admis et scientifiquement prouvé que la pratique régulière d’activités physiques n’est pas néfaste sur la santé de l’enfant ou l’adolescent. C’est en revanche la pratique sportive excessive qui peut donner lieu à des dérives néfastes pour la santé de l’individu.

Une pratique excessive d’activités sportives peut devenir nuisible dans certains cas

Nous avons vu que la relation entre santé mentale et activité physique reste linéaire : la participation à des activités physiques est un facteur protecteur tant au niveau social, mental que physique. En revanche, une activité sportive menée trop intensément peut aussi comporter des risques physiques (accidents, surentraînement) et psychologiques (implication excessive, risque d’érosion de l’estime de soi, pression de réussite).
Il faut donc rester vigilant.

Les conduites à risque

Si les comportements violents ou la consommation de substances (alcool, drogues) sont plus faibles chez les « sportifs modérés » (moins de 8 heures/semaine) ou « non-compétiteurs » que chez les « non-sportifs », ils sont plus élevés chez les jeunes qui ont une activité supérieure à 8 heures/semaine ou une pratique compétitive. La relation décrite comme étant linéaire devient à ce moment plutôt en forme de « U ».

La pratique sportive favorise la socialisation, on peut faire l’hypothèse que les sportifs « intenses » pratiquent dans des groupes très soudés, et sont donc aussi soumis à la pression du groupe. Cette pression du groupe de pairs est particulièrement importante pour toutes les conduites à risque. Une pratique excessive peut donc devenir nuisible et demande au parent d’être vigilant.

Le surentraînement

Dans le sport de très haut niveau, le surentraînement des athlètes peut provoquer un « syndrome du surmenage », qui s'accompagne d'une baisse de la performance, de blessures physiques et parfois d'une dépression. Chez les enfants très sportifs, le surmenage existe aussi. Il n’est pas nécessairement lié un nombre excessif d’heures de pratique. Il peut être le résultat d’un effort de fréquence ou d’intensité excédant les capacités d’adaptation physiques et psychiques de l’organisme, car l’enfant n’a pas toujours conscience de ses limites. Sur le plan de la santé mentale, le surentraînement se manifeste notamment par des performances cognitives altérées, des troubles de l’humeur, des troubles comportementaux, une anxiété, une perte de confiance en soi et une fatigue anormale. Le meilleur remède est alors le repos.

La croissance

L’existence possible d’un seuil au-delà duquel l’entraînement intensif mal géré pourrait altérer la croissance en la ralentissant ou la retardant fait l’objet de débats scientifiques. Aucun lien de cause à effet n’a cependant été établi. Il est en revanche validé qu’en matière de développement osseux, par les tensions musculaires exercées sur l’os, l’exercice raisonnablement envisagé permet d’augmenter essentiellement l’épaisseur, la densité et la résistance de l’os, mais n’exerce aucun effet sur sa croissance en longueur.

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