La goutte : une douleur lancinante à traiter sans tarder

Publié le 04.07.2018  |   Actualité 2018-07-04

La goutte reste fréquente, puisqu’elle touche un Français sur cent. Cette maladie chronique, dont les crises sont très douloureuses, se soigne bien à condition d'être pris en charge dès les premiers signes.

Considérée comme un rhumatisme, la goutte est une maladie articulaire provoquée par un excès d’acide urique. Elle affecte plus particulièrement les hommes à partir de 40 ans et, au total, 1 % de la population adulte en souffre. Si elle n’est pas prise en charge, elle peut avoir des conséquences graves : « La goutte peut abîmer de manière permanente les articulations, mais elle constitue aussi un facteur de risque cardiovasculaire, d’hypertension artérielle, d’insuffisance rénale… bref, de mortalité prématurée », alerte le professeur Thomas Bardin, chef du service de rhumatologie de l’hôpital Lariboisière de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (APHP).

Des crises invalidantes

La maladie évolue par crises. « L’excès d’acide urique dans le sang crée des dépôts, sous forme de cristaux, sur lagoutte - maladie chronique - douloureuse - excès d'acides uriques - Mutuelle Mieux-Etre surface du cartilage des articulations, explique le professeur. Lorsque les cristaux se décrochent, à la suite d’un choc ou après un repas trop copieux par exemple, une réaction inflammatoire se produit. L’articulation gonfle et devient rouge. Les crises sont très douloureuses et invalidantes. »

Le traitement des crises aiguës consiste à pallier la douleur avec de la colchicine ou des anti-inflammatoires, et parfois avec de la cortisone. « L’articulation du gros orteil est le plus souvent touchée, mais celles de la cheville, du genou, du coude ou du poignet peuvent l’être aussi », ajoute le spécialiste. Lorsque la maladie s’installe et n’est pas traitée, des tophi apparaissent. « Il s’agit de dépôts d’acide urique sous-cutanés, des sortes de boules dures, visibles sous la peau, précise le rhumatologue. Ces dernières se situent au niveau des articulations atteintes, mais aussi à des endroits plus surprenants, comme le pavillon de l’oreille ou encore le tendon d’Achille. »

Une origine en partie génétique

Les origines de la goutte sont multiples. « Elle est due en partie à la génétique, indique Thomas Bardin. Si vous avez un malade dans votre famille, vous avez plus de risques d’être vous-même touché. L’autre composante est le mode de vie. Des facteurs tels que la sédentarité, le surpoids ou encore une mauvaise alimentation peuvent être en cause. » Certains aliments, comme les abats et les poissons gras, et surtout des boissons comme la bière, les alcools forts ou les sodas sucrés sont d’ailleurs néfastes pour les malades, car ils favorisent l’augmentation du taux d’acide urique. Des mesures hygiéno-diététiques peuvent être mises en place à titre préventif.
Une perte de poids progressive, accompagnée d’une augmentation de l’activité physique, est encouragée. Toutefois, « il ne faut pas mépriser les malades, prévient le spécialiste, qui veut lutter contre les idées reçues. Ce n’est pas uniquement leur mode de vie qui est en cause. Les patients ne sont pas seuls responsables de leur affection, leurs antécédents familiaux et la génétique comptent pour beaucoup. »

Véritable maladie chronique

Bien qu’elle se manifeste par des crises entrecoupées de périodes d’accalmie, la goutte est une véritable maladie chronique, qui nécessite un traitement au long cours. « Il ne suffit pas de traiter les épisodes aigus, assure le professeur Bardin. Il faut proposer une prise en charge globale pour éviter les récidives et limiter les comorbidités. » Pour cela, le médecin contrôle régulièrement le taux d’acide urique dans le sang et prescrit des médicaments pour le faire baisser et dissoudre les cristaux. « C’est un traitement à prendre à vie », signale le professeur Bardin, qui souligne l’importance de la bonne observance par le patient.
« L’éducation thérapeutique joue un rôle capital, poursuit-il. Il faut expliquer la maladie, ses causes et ses conséquences, mais aussi le fonctionnement de la prise en charge. Il est donc nécessaire de prendre le temps et d’être à l’écoute des interrogations du patient. »

Léa Vandeputte

 

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