Comment arrêter de fumer ?

Publié le 28.03.2019  |   Actualité 2019-03-28

Quelles sont les méthodes recommandées pour arrêter de fumer ?

Quatre méthodes pour arrêter de fumer ont fait la preuve scientifique de leur efficacité et sont recommandées par la Haute Autorité de Santé. Ce sont les traitements de substitution nicotinique (les patchs ou timbres transdermiques, les gommes à mâcher, les comprimés sublinguaux et les pastilles à sucer, les inhaleurs, et depuis peu les sprays buccaux), le bupropion (Zybanâ), la varénicline (Champix â) et les thérapies comportementales et cognitives.
 
Les traitements de substitution nicotinique en vente sans ordonnance
 
Il existe en pharmacie des substituts nicotiniques qui permettent de diminuer la sensation de manque lors de l’arrêt du tabac. Disponibles sous plusieurs formes et plusieurs dosages, ces traitements apportent des réponses en fonction des situations rencontrées.
Leur durée d’utilisation recommandée est de trois mois, mais en pratique une utilisation plus longue peut être nécessaire. Les traitements de substitution nicotiniques les plus fréquents sont :
  • les gommes à mâcher, les comprimés sublinguaux (à placer sous la langue) dosés à 2 mg et les pastilles à sucer (1 mg, 1,5 mg, 2 mg et 4 mg) aident les fumeurs à gérer les moments qui leur semblent les plus difficiles.
 
  • Les patchs (ou timbres transdermiques) à la nicotine permettent de maintenir le taux de nicotine dans le sang. Ils sont commercialisés, à ce jour, sous quatre marques différentes.
Les timbres dits « 16 heures » (dosés à 5, 10,15 ou 25 mg) se placent sur la peau pendant une période allant du lever au coucher. Ils délivrent quasiment la même quantité de nicotine que celle obtenue en fumant et permettent d’éviter certains troubles du sommeil en réduisant la dose nocturne. Mais l’absence de nicotine au réveil entraîne souvent de fortes envies de fumer, dans les deux premières heures de la journée, chez les fumeurs très dépendants.
Les timbres « 24 heures » (dosés à 7, 14 ou 21 mg) ont le même rôle que les précédents. Appliqués pendant 24 heures, ils évitent les manques matinaux parfois observés avec les timbres précédents. Ils peuvent, dans de rares cas, occasionner des troubles du sommeil par surdosage nocturne.
 
En 2018, le remboursement à 65 % des gommes génériques Eg Labo Laboratoires Eurogenerics  et des patchs Nicoretteskin  a été autorisé quel que soit le dosage (et 100% pour les patients en Affection de Longue Durée pour lesquels l'arrêt du tabac fait partie du traitement). Cela concerne également depuis le 3 juillet 2018 les patchs NicopatchLib , avec les trois dosages (7 mg, 14 mg et 21 mg). Le forfait annuel de 150 euros ne s’applique donc plus à ces spécialités pharmaceutiques, mais le patient n’a plus à faire l’avance en pharmacie.
Le forfait annuel de 150 euros s’applique toujours aux autres spécialités pharmaceutiques n’ayant pas demandé ou obtenu le remboursement à 65 %.
 
Il est possible d’associer deux substituts nicotiniques chez les patients très fortement dépendants ou sous-dosés par un seul type de substitut. Plusieurs études ont montré une bonne tolérance et parfois une efficacité majorée de l’association de deux substituts nicotiniques afin d’obtenir une posologie optimale (Avis de la Commission de la Transparence, Champix®, 28/03/2007).
L’association de formes transdermiques (patchs) et de formes orales (pastilles, comprimés ou gommes) permet d’optimiser les chances de sevrage tabagique, de les doubler même. Les patchs permettent d’avoir un taux de nicotine de base, et les formes orales seront prises — à la demande — lorsque l’envie sera ressentie, au cours de la journée.
 
Les autres traitements de substitution nicotinique délivrés sur ordonnance

Ces méthodes thérapeutiques chimiques non nicotiniques doivent faire l’objet d’une prescriptionmédicale et être accompagnées d’un suivi par un médecin qui connaît ces produits et le sevrage tabagique. Elles ne sont utilisées qu’en deuxième intention. À noter que les médicaments prescrits dans le cadre de ces méthodes ne font plus partie de la liste des traitements pris en charge par l’Assurance maladie dans le cadre du forfait annuel de 150 € par an et par personne. Le forfait de prise en charge concerne donc uniquement les substituts nicotiniques dont la liste, régulièrement mise à jour, est disponible sur le site Ameli .
 
Le bupropion (Zyban®) est un médicament sorti en Europe en 2001 (en 1997 aux USA) pour aider à l’arrêt du tabac. Il réduit les sensations de manque à la nicotine. Mais ses contre-indications et ses précautions d’emploi obligent à une prescription médicale et à une surveillance régulière du fait de ses effets secondaires (l’insomnie est l’effet indésirable le plus fréquent). Selon la HAS, il doit être utilisé dans le respect de ses contre-indications et après recherche systématique, chez tous les patients, de facteurs de risque de convulsions.Il se prend sous la forme de comprimés à avaler pendant huit semaines. Le Zyban® ne peut pas se prendre pendant la grossesse ou l’allaitement. Ce médicament fait partie de la liste des 77 spécialités pharmaceutiques faisant l’objet d’un suivi particulier par les autorités sanitaires, car il présente des risques de troubles psychiatriques, de dépression et de suicide.
 
La varénicline (Champix®) a obtenu son autorisation de mise sur le marché européen en 2006. Indiqué dans l’aide à l’arrêt du tabac, ce traitement sous la forme de comprimés à avaler (2 par jour) réduit également les besoins en nicotine et limite les effets de manque. Selon la HAS, compte tenu des effets indésirables, en particulier ceux en relation avec le suicide et l’état dépressif, le rapport efficacité/effets indésirables de Champix© est moyen. Il ne doit être utilisé qu'en seconde intention, après un échec des traitements nicotiniques de substitution. Le Champix® n’est délivré que sur prescription médicale. Il est contre-indiqué chez la femme enceinte et allaitante. Jusqu’en 2016, son administration n’avait pas encore fait la preuve de son efficacité et de son innocuité en cas de certains problèmes de santé. Ce produit avait fait l’objet d’avis d’alerte par la FDA (Food and Drug Administration — USA) et l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) sur l’apparition de tendances et d’idées suicidaires chez les patients sous Champix®. Il fait également partie de la liste des 77 spécialités pharmaceutiques faisant l’objet d’un suivi particulier par les autorités sanitaires.  En 2016, suite à la publication de l’étude EAGLES, les autorités sanitaires américaines, puis européennes ont retiré leur avertissement concernant la varénicline . Le remboursement à 65%  est revenu effectif en France en mai 2017, sur prescription médicale.
 
Les thérapies comportementales et cognitives : elles aident les fumeurs à arrêter avec ou sans apport médicamenteux. Il s’agit d’un travail psychologique permettant de modifier son comportement et/ou sa façon d’envisager l’usage de la cigarette. C’est une aide à l’apprentissage de nouveaux comportements, suite à cette dépendance comportementale et psychologique qui existe parfois depuis de nombreuses années.
Fumer depuis des années provoque et entretient des habitudes, des situations où l’on prend une cigarette sans même y faire attention, par réflexe, parfois sans en avoir envie vraiment. Comme les psychiatres et les psychologues, de nombreux tabacologues sont formés à la thérapie comportementale et cognitive (TCC). Ils pourront vous aider au repérage de vos difficultés et à ce travail de séparation avec la cigarette. Le nombre d’entretiens sera défini en fonction de vos besoins. En moyenne, six à dix consultations réparties sur six mois suffisent.
Même sans être formé aux TCC, le conseil minimal devrait être systématiquement proposé en consultation (médecin généraliste, sage-femme, gynécologue, tabacologue). Ce conseil consiste en deux questions courtes : « Fumez-vous ? » et « Est-ce que vous souhaitez arrêter ? ». Il permet de réduire chaque année le nombre des fumeurs de 200 000.
 

Les autres méthodes de sevrage tabagique (acupuncture, mésothérapie…) sont-elles efficaces ?

 
Il existe en effet d’autres méthodes pour vous aider à arrêter de fumer :
  • - l’acupuncture,
  • - l’homéopathie,
  • - l’hypnose,
  • - la mésothérapie,
  • - etc.
Si elles n’ont pas fait la preuve de leur efficacité à long terme, elles peuvent permettre à certains fumeurs de renforcer leur motivation au changement, c’est-à-dire un arrêt du tabac ou une réduction de leur consommation.
L’acupuncture et l’hypnose permettent de renforcer la motivation au changement de comportement, et de passer du stade de décision au stade d’arrêt.
 

La cigarette électronique peut-elle aider à arrêter de fumer ?

 
La cigarette électronique (vapoteuse, terme plus approprié car ce n’est en aucun cas une cigarette) n’est officiellement pas reconnue comme une méthode d’arrêt du tabac. Cependant, en mai 2017, la Haute autorité de santé (HAS) précisait que « son utilisation ne sera pas déconseillée mais le patient sera accompagné dans sa démarche d’arrêt ou de réduction du tabagisme.  »
Elle reste donc un produit commercial, dont l’innocuité à long terme n’est pas démontrée à ce jour, et qui semble même exposer ses utilisateurs à des substances toxiques (irritants et carcinogènes), sans commune mesure avec la fumée du tabac. Le manque de recul sur son utilisation ne permet pas de connaître les risques pour la santé à long terme.
 
C’est pourquoi son usage reste déconseillé, notamment pour les non-fumeurs, les mineurs et les femmes enceintes ou allaitantes.
Néanmoins, la toxicité de la vapoteuse étant a priori plus faible que celle de la cigarette traditionnelle, certains médecins tabacologues pensent qu’elle pourrait constituer une aide à l’arrêt du tabac pour les gros fumeurs : de façon exclusive, c’est-à-dire sans fumer de tabac (cigarette, pipe, cigare etc.).
 
Récemment, la Société française d’anesthésie-réanimation (SFAR) a préconisé le recours au vapotage en période pré-opératoire  : « l’usage de la cigarette électronique, alors que la population des fumeurs et ex-fumeurs qui y ont recours ne cesse d’augmenter, doit être considéré par les médecins anesthésistes réanimateurs comme une aide très positive en période préopératoire, cette dernière étant bien identifiée comme très favorable à la décision d’arrêt du tabac. »

Comment fonctionne une cigarette électronique ?

 
Une résistance électrique, alimentée par une batterie ou une pile, chauffe et vaporise un liquide contenu dans un réservoir rechargeable.
L’utilisateur inhale la vapeur qui se dégage par l’embout de la cigarette électronique.
Le liquide à vaporiser contient :
  • du propylène glycol et/ou du glycérol.
  • De la nicotine (mais sa présence n’est pas obligatoire).
  • Un peu d’eau (environ 5%).
  • Des arômes : il en existerait plus de 7764 selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
 
Depuis avril 2016, il existe des normes encadrant la composition des liquides à vapoter en France. Sur le site de l’Association Française de Normalisation AFNOR)  : « Publiées le 2 avril, les deux premières normes volontaires, dans le monde, sur les cigarettes électroniques et les e-liquides, établissent des critères de sécurité, de qualité et favorisent une meilleure information des consommateurs. Elles vont contribuer à la stabilisation du marché de la vape. ». On peut donc maintenant être certain de leur composition exacte.
 

Quels sont les risques de la cigarette électronique ?

La nicotine : elle a le plus grand pouvoiraddictif parmi les drogues licites et illicites. Si elle n’est pas cancérogène, elle peut jouer le rôle de « promoteur de tumeur », observée chez l’animal. Certaines cigarettes électroniques délivrent des quantités importantes de nicotine et elles permettent de gérer la dépendance physique, tout en entretenant la dépendance comportementale : le fumeur continue ses « pauses clopes », il vapote en attendant son bus, etc.  Le choix du bon dosage de nicotine par le vapoteur est difficile : les distributeurs, qui sont avant tout des commerçants, se basent sur le nombre de cigarettes fumées. Or il faut aussi prendre en compte le dosage du monoxyde de carbone (CO) et le score de dépendance à la nicotine (test de Fagerström). Un médecin tabacologue pourra déterminer ces éléments avec précision et certitude,

La cigarette électronique peut dégager des substances irritantes, voire cancérigènes (surtout les premières générations de cigarettes électroniques, qui pouvaient contenir des nitrosamines), mais en bien moindres quantités que dans la fumée de cigarette,

Le vapotage passif : dans les échantillons de vapeur des cigarettes électroniques, on trouve des résidus de propylène glycol, de glycérine (environ 75%), de l'eau (18%), parfois quelques traces d'arômes (moins de 7%), de la nicotine en faible quantité (moins de 2%). On découvre aussi quelques traces de toxines mais qui sont celles que l'on trouve habituellement dans l'air ambiant. Ce qui démontre que la vapeur de cigarette électronique n'apporte pas d'éléments toxiques à l'air et est donc inoffensive…

Existe-t-il des aides financières ?

Votre caisse d’assurance maladie prend en charge, à hauteur de 150 euros par personne et par an, l’achat des substituts nicotiniques sur présentation d’une prescription médicale. Celle-ci doit être faite sur une ordonnance exclusivement consacrée aux substituts nicotiniques. Aucun autre traitement ne doit figurer dessus. Pendant la grossesse, cette prise en charge sera de 150 euros par personne et par an (soit 300 euros, si la grossesse se déroule sur deux années calendaires).
Par exemple, si une personne est traitée pour de l’hypertension artérielle et qu’elle souhaite utiliser des patchs pour arrêter de fumer, son médecin devra établir deux ordonnances : une pour le traitement de l’hypertension, une autre pour les patchs.
Votre mutuelle prend peut-être également en charge le sevrage tabagique. Vous pouvez vous renseigner auprès d’elle.
 
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Mutuelle Mieux-Etre et sa section professionnelle, SMBTP, proposent une offre complète de prestations et de services en matière de complémentaire santé et  de prévoyance adaptée aux besoins des particuliers, des entreprises, des salariés, des travailleurs non-salariés, des artisans et des retraités de tous les secteurs d’activité.

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