Ces infections que l’on contracte à l’hôpital

Publié le 09.06.2021  |   Actualité 2021-06-09


Alors que l’on entre à l’hôpital pour se faire soigner, le risque d’en ressortir avec un autre problème de santé est une réalité. Chaque année en France, près de 5 % des patients hospitalisés sont victimes d’une infection nosocomiale. Malgré tous les efforts de prévention, ce chiffre reste stable depuis dix ans. 

Selon Santé publique France, les infections nosocomiales, un sous-ensemble de ce que l’on appelle les infections associées aux soins (IAS), touchent un patient sur vingt et tuent chaque année près de 4 000 personnes. Pour mieux s’en prémunir, il est important de les connaître.

Qu’est-ce qu’une infection nosocomiale ?

C’est donc une infection associée aux soins (IAS) et qui a été contractée au cours d’un séjour dans un établissement de santé. Pour être considérée comme telle, l’infection nosocomiale doit toutefois se manifester au moins quarante-huit heures après l’hospitalisation. Si elle apparaît avant ce délai, on considère alors qu’elle a été contractée en dehors de l’établissement de soins et qu’elle était déjà en incubation.

Quels sont les micro-organismes en cause ?

Les micro-organismes le plus souvent en cause sont les bactéries Escherichia coli (près d’un quart des infections), qui sont notamment présentes dans les intestins, et le Staphylococcus aureus, ou staphylocoque doré (13 %), présent sur la peau et dans la muqueuse du nez. Viennent ensuite les bactéries Pseudomonas aeruginosa, qui se développent dans les sols et en milieu humide. Les autorités sanitaires remarquent cependant, depuis quelques années, une augmentation préoccupante des infections impliquant des bactéries résistant aux traitements. 

Quelles sont les infections nosocomiales les plus fréquentes ?

D’après la dernière étude de prévalence de Santé publique France, qui date de 2017 (ce type d’enquête est menée tous les cinq ans), les infections nosocomiales les plus courantes sont les infections urinaires (28,5 %), devant celles qui apparaissent sur la zone du corps opérée (15,9 % – on parle aussi d’infection du site opératoire), les pneumonies (15,6 %) et, enfin, les infections sanguines bactériennes, ou septicémies (11,4 %). Théoriquement, ces IAS représentaient donc environ 632 460 malades sur les 12,7 millions de personnes hospitalisées dans plus de 3 300 établissements cette année-là, selon le chiffre arrêté par l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH). La fréquence n’est pas forcément synonyme de gravité. Ainsi, les infections urinaires sont les plus fréquentes mais ne sont en général pas graves. Tout dépend néanmoins du profil du patient, du site anatomique touché et de la virulence de l’agent infectieux. Plus le patient est fragile, plus il faut faire attention. Certaines atteintes pulmonaires ou les septicémies (infections provoquées par des agents pathogènes présents dans le sang) peuvent en effet être très graves, voire mortelles.

Comment « attrape-t-on » une maladie nosocomiale ? 

Les origines sont multiples. Le patient a pu être contaminé soit par ses propres bactéries ou des micro-organismes qui peuvent passer de sa peau à son organisme, par exemple lors de la pose d’un cathéter ou d’une sonde urinaire, lors d’une ventilation artificielle ou d’une intervention chirurgicale, soit par un autre malade, par un visiteur ou par le personnel soignant (contact avec les mains ou avec le matériel du personnel hospitalier). La contamination peut également être due à l’environnement hospitalier (eau, air, équipements, alimentation…). Les services de réanimation, où les patients sont plus fragilisés et subissent plus de soins, sont davantage touchés, avec près d’un patient infecté sur quatre. En revanche, les maternités ne présentent qu’un taux faible d’infections (moins de 1 %). Certains facteurs liés à l’âge ou à la pathologie du malade favorisent en outre les infections. Les patients âgés, les nouveau-nés – en particulier les prématurés –, les polytraumatisés, les grands brûlés ou encore les immuno­déprimés, c’est-à-dire ceux qui ont des défenses immunitaires amoindries, ont plus de risque de contracter une IAS. Par ailleurs, certains traitements, comme les antibiotiques, qui déséquilibrent la flore bactérienne des patients et sélectionnent les bactéries résistantes ou les traitements immunosuppresseurs, peuvent également jouer un rôle dans leur survenue. 

Comment la soigne-t-on ?

La prise en charge varie énormément d’un patient à l’autre. Une grande partie des infections nosocomiales étant dues à des bactéries, des antibiotiques sont souvent prescrits. Dans d’autres cas, une intervention chirurgicale sera nécessaire pour traiter le foyer infectieux.

Quelles précautions prendre ?

Certaines règles d’hygiène sont à respecter systématiquement. Les visiteurs qui ont une infection doivent éviter de venir voir un malade ; les autres se laveront les mains avant et après la visite. Quant aux patients, ils doivent se nettoyer les mains après être allés aux toilettes, se laver chaque jour si possible et ne pas manipuler les cathéters, les sondes ou les drains. Ceux qui sont sur le point de se faire opérer devront prendre une douche antiseptique avant l’intervention. Le personnel, lui, doit appliquer le protocole habituel, c’est-à-dire lavage des mains systématique entre deux patients, port de gants, de surblouse si nécessaire, etc. Dès l’apparition d’une IAS dans un établissement, un protocole d’hygiène renforcé est automatiquement mis en place.

Quelles sont les mesures mises en place dans les hôpitaux pour limiter les infections ?

Une équipe d’hygiène hospitalière, composée d’un ou de plusieurs infirmiers et de praticiens (médecin ou pharmacien) est présente dans chaque établissement. Elle est avertie dès qu’un patient contracte une infection nosocomiale. Elle a pour mission de vérifier qu’il s’agit bien d’une infection nosocomiale. Si c’est le cas, elle établit alors des mesures d’hygiène afin d’éviter que le germe ne se diffuse à d’autres malades. Elle essaie ensuite de comprendre comment cela s’est produit et de trouver l’origine de l’infection pour organiser des actions de prévention.  Si elle constate, par exemple, un cas de légionellose, une infection pulmonaire qui ne se transmet pas entre individus mais par voie respiratoire, par inhalation de microgouttelettes d’eau contaminée, elle contrôlera les douches, les sanitaires et le réseau d’eau chaude. Pour des infections nosocomiales plus rares et particulières, l’équipe est obligée de faire un signalement externe. C’est par exemple le cas si du matériel médical défaillant est suspecté d’être à l’origine d’une infection. Dès que cette dernière est connue, le responsable du signalement des infections nosocomiales du centre hospitalier rapporte l’événement au centre de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales (CCLIN – il y en a cinq en France), à l’agence régionale de santé (ARS) et à Santé publique France. Parallèlement, les enquêtes d’incidence, qui consistent à étudier, au fur et à mesure de leur survenue, tous les nouveaux cas d’infections, permettent de mesurer avec précision le risque pour un patient admis à l’hôpital. Pour finir, le réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin), issu d’un partenariat entre l’Institut de veille sanitaire (Invs) et les CCLIN, coordonne l’alerte et la surveillance des infections. 

 

Le staphylocoque doré : sur le podium des infections nosocomiales
Le staphylocoque doré, deuxième cause d’infection nosocomiale après la bactérie Escherichia coli, est très courant dans notre environnement. On en retrouve sur la peau d’environ 30 % des sujets sains. Ce n’est qu’à l’occasion d’une rupture de la barrière cutanée (coupure, brûlure…) qu’il peut entraîner une infection cutanée (furoncle, impétigo…) ou des muqueuses (pneumonie, conjonctivite…). Un traitement par antibiotiques est indispensable pour éviter de graves complications, comme une infection du sang ou l’atteinte des os, des articulations, des reins, du cœur…

La Covid-19, nouvelle maladie nosocomiale
Les cas asymptomatiques, le non-respect des gestes barrières par les visiteurs, le manque de tests au début de l’épidémie ainsi que l’impossibilité d’isoler les malades ont entraîné un grand nombre de cas de Covid-19 nosocomiaux. Hormis les personnels soignants qui ont été contaminés lors de la première vague sur leur lieu de travail, en raison, notamment, de protections inadaptées, beaucoup de patients, hospitalisés pour une pathologie donnée ou venus simplement pour une visite de routine, y ont rencontré le Sars-CoV-2. 

 

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