Pollution atmosphérique : quels effets sur la santé ?

Publié le 31.01.2018  |   Actualité 2018-01-31

Première cause environnementale de mort évitable, la pollution de l’air tue chaque année près de 48 000 Français. Les polluants que nous respirons ont un impact sur le développement des cancers et des pathologies cardiovasculaires et respiratoires. 

Selon une enquête Harris interactive présentée en septembre dernier lors des Journées de rentrée de la Mutualité française, 92 % des Français estiment que l’environnement et la santé sont étroitement liés. Et ils semblent bien avoir raison, du moins en matière de qualité de l’air : dans une revue d’études publiée en juin 2016, l’agence Santé publique France note que la pollution atmosphérique « est désormais considérée comme la première cause environnementale de mort prématurée dans le monde ». Rien qu’en France, elle serait responsable de 48 000 décès par an et représenterait la troisième cause de mortalité. Toujours selon l’agence, dans lesvilles et les sites les plus touchés (la région parisienne, le Nord-Est de la France et l’axe Lyon-Marseille, notamment), la pollution de l’air correspondrait à une perte d’espérance de vie pouvant dépasser deux ans.

« Les principales sources de polluants atmosphériques sont désormais bien connues, explique Johanna Lepeule, Pollution atmosphérique - pathologies cardiovasculaires - Mutuelle Mieux Etre chercheuse à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm, Institute for Advanced Biosciences, IAB). Parmi les activités humaines, c’est-à-dire celles sur lesquelles on peut agir, il s’agit essentiellement de l’industrie, du chauffage résidentiel et des transports routiers. » D’après un document publié en avril 2016 par la Direction générale de la santé, les particules sont les polluants chimiques qui suscitent le plus d’inquiétudes en matière d’impact sur la santé humaine, notamment les particules fines PM10 et PM2.5, l’ozone (O3), le dioxyde d’azote (NO2), les composés organiques volatils (benzène et formaldéhyde), les hydrocarbures aromatiques polycycliques et les métaux (arsenic, chrome, cadmium).

Infarctus et AVC

Après plusieurs années d’exposition, même à faible niveau de concentration, « la pollution atmosphérique a un effet sur le développement des pathologies chroniques respiratoires et cardiovasculaires, avec des conséquences directes sur l’ischémie, l’hypertension et l’athérosclérose (responsables notamment des infarctus et des AVC, NDLR) », précise la chercheuse. Depuis 2013, les particules et d’une manière plus générale la pollution de l’air extérieur sont classées comme cancérogènes pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Des études plus récentes évoquent quant à elles un lien avec des troubles de la reproduction, de la grossesse (faible poids à la naissance, prématurité), des altérations du développement de l’enfant, des pathologies neurologiques et des atteintes cognitives.

A court terme, l’élévation ponctuelle des niveaux de pollution a des conséquences plus immédiates (irritations oculaires, rhino-pharyngites, bronchites) et peut aussi exacerber les pathologies chroniques, en déclenchant des crises d’asthme, des accidents cardiovasculaires et des AVC. Mais, comme le soulignent les travaux de Santé publique France, c’est bien « l’exposition quotidienne et dans la durée qui a l’impact le plus important […], les pics de pollution ayant un effet marginal ». En matière de pollution atmosphérique, les données disponibles n’ont malheureusement pas mis en évidence de seuil sous lequel il n’y aurait pas d’effet sur la santé.

Peut-on se protéger ?

S’il semble difficile de se soustraire à la pollution atmosphérique, certaines précautions peuvent être prises. Les recommandations des autorités sanitaires s’adressent en priorité aux sujets les plus sensibles (enfants, personnes âgées, malades chroniques et femmes enceintes), mais en réalité tout le monde est concerné.On conseille par exemple d’aérer les logements en dehors des heures de pointe, de privilégier les espaces verts et d’éviter les zones de trafic routier autant que possible. « En zone urbaine, on observe des niveaux de concentration réduits dès que l’on s’éloigne de quelques mètres des axes de circulation », indique Johanna Lepeule. Quand la pollution est très élevée, il est préférable de ne sortir les enfants qu’en début de matinée et en fin de journée et d’éviter l’exercice physique intensif. Sachez enfin que fumer, être exposé à la fumée du tabac, aux émissions de barbecue, aux pollens, aux solvants, aux peintures et aux colles utilisés dans les espaces intérieurs peut aggraver les effets de la pollution de l’air.

 


Delphine Delarue

 

 

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