Pollution atmosphérique : quelles conséquences sur la santé ?

Publié le 22.06.2017  |   Dossier 2017-06-22

Excès de toux, rhino-pharyngites, maladies respiratoires, cancers ou encore troubles de la reproduction : l'éventail des polluants présents dans l’air s’élargit. Heureusement, des mesures de bon sens permettent de limiter l’exposition.

Chaque année, en France, l’exposition chronique à la pollution de l’air est responsable du décès de près de 48 000 personnes, soit 9 % de la mortalité nationale. Trafic routier, industrie, agriculture, combustion de la biomasse (chauffage) : les principales sources de pollution atmosphérique sont désormais bien connues. « Les polluants chimiques qui suscitent les plus fortes préoccupations sont les particules, notamment les particules fines, l’ozone (O3), le dioxyde d’azote (NO2), les composés organiques volatils (benzène, formaldéhyde), les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP tels que le benzo[a]pyrène) et les métaux (arsenic, chrome, cadmium) », précise la Direction générale de la santé (DGS) dans un document d’information publié en avril 2016.

Aujourd’hui, si la qualité globale de l’air s’améliore, en particulier grâce aux normes d’émissions imposées aux industries, aux aménagements urbains destinés à réduire le trafic ou à l’amélioration technologique des véhicules, de nombreuses personnes restent encore exposées à des niveaux qui dépassent la réglementation. En 2013, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) a d’ailleurs classé les particules de l’air extérieur comme cancérigènes pour l’Homme. « Diverses pathologies chroniques (cancers, pathologies cardiovasculaires et respiratoires) se développent après plusieurs années d’exposition, même à de faibles 
niveaux de concentration », rappelle la DGS.

Troubles de la reproduction, pathologies neurologiques…

Des travaux récents ont en outre montré que l’exposition à long terme aux polluants de l’air pouvait être responsable de troubles de la reproduction, de complications lors de la grossesse (prématurité, faible poids à la naissance), d’altération du développement de l’enfant, de pathologies neurologiques et d’atteintes cognitives. « Plus les connaissances avancent, plus l’éventail d’effets que l’on peut mettre en lien avec la pollution atmosphérique s’élargit, constate Sabine Host, épidémiologiste, chargée d’études environnement santé à l’observatoire régional de santé (ORS) Ile-de-France. Et malheureusement, les études n’ont pas mis en évidence de seuil protecteur au-dessous duquel il n’y aurait aucun effet. »Pollution atmosphérique - santé- allergie - Mutuelle Mieux Etre

A plus court terme, l’élévation des niveaux de pollution d’un jour à l’autre a également des conséquences immédiates (irritations oculaires, rhino-pharyngites, toux, bronchites, essoufflement) surtout chez les personnes les plus exposées, comme celles qui résident à proximité des axes routiers. Idem pour les sujets les plus sensibles, comme les enfants, dont l’arbre bronchique n’est pas encore suffisamment développé, ou les personnes âgées, qui ont des systèmes de défense souvent altérés.

L’augmentation ponctuelle de la pollution a également un effet déclencheur chez les malades chroniques, les asthmatiques par exemple. Ces derniers sont alors plus susceptibles de développer des excès de toux ou de faire une crise d’asthme. « Sur le registre des maladies cardiovasculaires, l’élévation du niveau de polluants dans l’air peut provoquer des incidents cardiaques, comme un infarctus du myocarde, ou des AVC, et précipiter le décès », ajoute Sabine Host. Lors des épisodes de pollution, on constate d’ailleurs un recours plus fréquent aux services d’urgence, une augmentation de la morbidité cardiovasculaire et une incidence sur la mortalité à court terme pour les affections respiratoires et cardiovasculaires.

Comment se protéger ?

S’il semble difficile de se soustraire complètement aux polluants de l’air, les autorités sanitaires émettent un certain nombre de recommandations pour limiter l’exposition, en particulier pendant les épisodes de pollution. D’une manière générale, il est conseillé d’aérer les logements de préférence en dehors des heures de pointe (plutôt très tôt le matin ou tard le soir), de privilégier les espaces verts et d’éviter le trafic routier autant que possible (une étude de la qualité de l’air effectuée autour de la porte de Gentilly à Paris a montré que les niveaux de NO2 baissaient jusqu’à 35 % dès que l’on s’éloignait à une vingtaine de mètres d’un axe de circulation). « Pendant ces épisodes, on recommande aussi aux malades chroniques de bien anticiper et de suivre leur traitement correctement », souligne Sabine Host.

En cas d’aggravation de leurs symptômes, ces patients ne doivent pas hésiter à consulter leur médecin. On conseille en outre aux personnes vulnérables (malades chroniques, personnes âgées, enfants) de limiter leurs déplacements sur les grands axes routiers et leurs abords et d’éviter les activités physiques intensives : lors des efforts physiques le volume d’air respiré est plus important et les polluants, en particulier les particules fines, pénètrent plus profondément dans les poumons. Il est également préférable de ne sortir les enfants et les nourrissons qu’en début de matinée et en fin de journée. A l’école, les instituteurs demandent généralement aux élèves de ne pas courir dans la cour de récréation et de rester au calme.

Enfin, il faut savoir que fumer ou être exposé à la fumée du tabac, aux émissions de barbecue, aux pollens, aux solvants, aux peintures et aux colles utilisés dans les espaces intérieurs peut aggraver les effets des polluants de l’air. Pendant les pics de pollution, il est donc préférable d’éviter l’exposition à ces facteurs de risque supplémentaires.

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