L’haptonomie : accueillir affectivement le bébé à naître

Publié le 28.10.2019  |   Actualité 2019-10-28

Plus qu’une simple méthode de préparation à l’accouchement, l’haptonomie permet surtout d’accueillir au mieux l’enfant dans le monde en favorisant la sécurité affective dont il a besoin pour se développer harmonieusement.

Découverte en 1945 par un médecin néerlandais, Frans Veldman, l’haptonomie est « une manière d’éduquer en mettant toujours l’affectif au premier plan, explique le docteur Catherine Dolto, hapto-psychothérapeute et figure majeure de la discipline en France. Monsieur Veldman a compris que dans notre psychisme, on pouvait rassembler tout ce qui a trait aux émotions, aux sentiments, aux perceptions et aux sensations en un tout cohérant qu’il a nommé « l’Affectif ». Cet « Affectif » a ses propres voies de conduction neurologiques et son activité a des effets immédiats dans toute la personne ». Appliquée à la périnatalité, l’haptonomie, ou « science de l’affectivité », permet d’accueillir l’enfant dans le monde en lui assurant la sécurité affective dont il a besoin pour se développer harmonieusement en tant qu’être humain, que ce soit au niveau cérébral, psychomoteur, physiologique ou psychologique.

S’ouvrir totalement à l’enfant

Concrètement, lors des huit séances d’haptonomie remboursées par la Sécurité sociale dans le cadre de la préparation à l’accouchement, la mère et le père apprennent à s’ouvrir totalement à leur enfant à naître. L’idée est de construire un lien d’aide, de soutien, et d’établir une relation à trois qui permettra au bébé d’acquérir très tôt un profond sentiment de sécurité intérieure. Cette construction passe par une communication intime faite de paroles, de gestes précis, de jeux de mains et de bercements du bassin par le père. Très vite, l’enfant s’éveille, répond aux invitations de ses parents, interagit avec eux. La mère peut même, d’une certaine manière, communiquer avec lui sans utiliser ses mains. « Dès le début de la grossesse, quand une femme se sent affectivement proche de son bébé, le tonus de son giron s’adoucit et cette modification est perçue par l’enfant, précise Catherine Dolto. Dès qu’il sent que sa mère a centré son attention affective sur lui, il est comme mis en mouvement avec tout ce que cela implique de stimulations cérébrales. » Les séances d’haptonomie peuvent donc être débutée très tôt, bien avant le quatrième mois de gestation.

Accouchement haptonomique

Quand arrive le jour de la naissance, les parents restent en contact affectif constant avec leur enfant tout au long de l’accouchement. « Dans cette relation d’aide puissante, certains phénomènes neuro-hormonaux entrent en jeu, ajoute le docteur Dolto. Cela fait que la mère peut aller beaucoup plus loin dans le vécu de la douleur. Elle mobilise son sentiment maternel sur son bébé et l’aide à trouver son chemin. Souvent, cela suffit et elle n’a pas besoin de péridurale. » La maman peut aussi s’appuyer sur le père qui sait quoi faire pour les soutenir, elle et le bébé. Son rôle est d’ailleurs fondamental dès le début de la grossesse. L’haptonomie lui permet non seulement d’entrer en relation avec son enfant et d’avoir un rôle actif dans son accueil, mais aussi d’être plus à l’écoute de sa femme et de mieux l’accompagner.
Pour l’enfant, le bénéfice semble se poursuivre bien après la naissance. Plus confiants, les bébés qui ont suivi des séances d’haptonomie prénatale sont généralement « souriants, faciles à vivre, à la fois audacieux et conscients de leurs limites, affirme Catherine Dolto. Mais entre la marche acquise et l’âge de 4 ou 5 ans, ils ont besoin d’une éducation particulièrement contenante parce qu’ils sont souvent trop puissants affectivement. Cela se travaille avec les parents lors du suivi post-natal, un suivi indispensable qui se termine quand l’enfant marche depuis un mois ou deux. » Ce suivi permettra à la fois de renforcer l’aide à la parentalité et de conduire le bébé vers davantage d’autonomie.

Haptonomie et maman solo

Lorsqu’une maman solo souhaite suivre des séances d’haptonomie, « elle doit trouver un tiers qui viendra en remplacement du père, explique le docteur Catherine Dolto, hapto-psychothérapeute. Cela peut être une sœur, une amie ou autre. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’on ne peut pas faire de l’haptonomie sans un tiers : cela renforcerait la relation mère-enfant d’une façon qui, un jour ou l’autre, deviendrait beaucoup trop forte. » S’il y a un papa, mais qu’il ne souhaite pas faire d’haptonomie, l’accompagnement ne sera pas possible non plus même si la mère trouve un autre tiers. « Cela reviendrait à dire au père que l’on va faire quelque chose de très important pour sa femme et son enfant mais sans lui. C’est un peu pervers », ajoute le docteur Dolto.
 

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