Compléments alimentaires : utiles ou dangereux ?

Publié le 17.10.2017  |   Actualité 2017-10-18

En gélules, en comprimés ou sous forme d’ampoules, les compléments alimentaires promettent de lutter contre la fatigue, de mieux digérer ou de retrouver du tonus. Mais que contiennent-ils et sont-ils vraiment utiles ?

  • Près d’un adulte sur cinq et un enfant sur dix consomment des compléments alimentaires une fois dans l’année.
  • Près des deux tiers des compléments sont consommés sous forme de cure, principalement en hiver ou en automne. 

La majorité des achats se fait en pharmacie, mais aussi au supermarché (14 %) et dans les magasins de diététique (9 %).

Source concentrée de nutriments

Le Parlement européen a donné, dans une directive, la définition suivante : « On entend par compléments alimentaires les denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime normal et qui constituent une source concentrée de nutriments et d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés. » Complémentaires alimentaires - risques - carence - Mutuelle Mieux Etre
Ces produits peuvent afficher des allégations nutritionnelles et de santé qui sont strictement encadrées par la réglementation européenne, mais ils ne peuvent revendiquer aucun effet thérapeutique. Par ailleurs, les compléments alimentaires dépendent du Code de la consommation et, à ce titre, font l’objet d’une déclaration auprès de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Contrairement aux médicaments, leur commercialisation ne nécessite pas d’autorisation individuelle de mise sur le marché. C’est donc l’industriel fabricant qui est responsable de leur conformité, tant en matière de sécurité que d’information du consommateur.

Les carences sont rares

Côté composition, il existe des compléments à base de plantes, de vitamines et de minéraux, utilisés dans les secteurs de la nutrition, de la minceur, de la digestion, de la beauté, etc. Leur consommation augmente depuis quelques années. Pourtant, l’Anses rappelle que « les déficits et, a fortiori, les carences en nutriments sont très rares en population générale ».

Le professeur Monique Romon, présidente de la Société française de nutrition et chef du service de nutrition du CHU de Lille, abonde en ce sens : « Lorsque l’on est en bonne santé, il est inutile de prendre des compléments alimentaires. Une alimentation équilibrée et variée apporte les nutriments dont nous avons besoin. La seule exception concerne la vitamine D, qui, synthétisée sous l’effet de l’exposition solaire, peut manquer en hiver. Mais, là encore, cette vitamine se retrouve dans certains aliments, comme les poissons gras ou le beurre. » Pour certains groupes de population, comme les femmes enceintes, les personnes âgées fragiles ou les personnes souffrant d’une pathologie particulière, les compléments alimentaires peuvent toutefois être utiles. « Les compléments doivent alors être prescrits par le médecin », insiste le professeur Romon.

Un risque de surdosage

Prendre des compléments alimentaires n’est en effet pas sans danger : plusieurs études les ont mis en cause. « Le bêta-carotène pris en quantité excessive, ce qui peut être le cas avec les compléments alimentaires, augmenterait, par exemple, le risque de développer un cancer du poumon chez les fumeurs, indique la médecin nutritionniste. Lorsque l’on prend des gélules sans avis médical, il faut aussi être vigilant vis-à-vis du risque de surdosage ou de dosage inadapté, ou d’éventuelles interactions avec des médicaments. Il convient donc de rester prudent et de demander conseil à son médecin, car ces produits peuvent aussi avoir des effets néfastes. »
De son côté, l’Anses recommande « d’éviter des prises prolongées, répétées ou multiples au cours de l’année de compléments alimentaires sans s’entourer des conseils d’un professionnel de santé ; de respecter scrupuleusement les conditions d’emploi fixées par le fabricant, responsable de la sécurité des produits qu’il commercialise ; [et] de signaler à un professionnel de santé tout effet indésirable survenant suite à la consommation d’un complément alimentaire ». 

 

Benoît Saint-Sever 

Mutuelle Mieux-Etre Logo Mutuelle Mieux-Etre

Mutuelle Mieux-Etre et sa section professionnelle, SMBTP, complémentaire santé responsable, proposent une offre complète de garanties et de services en matière de santé et de prévoyance adaptée aux besoins de couverture des particuliers, des familles, des entreprises, des salariés, des travailleurs non-salariés, des artisans et des retraités de tous les secteurs d’activité. Nos contrats complémentaire santé, outre les remboursements de soins, incluent des prestations en cas d'hospitalisation, de l'assistance et toute une palette de services pour faciliter la vie au quotidien. 

Working...