Cigarette électronique : où en est-on aujourd’hui ?

Publié le 07.11.2016  |   Dossier 2018-04-09

Présentée comme une alternative au tabagisme, la cigarette électronique a séduit de nombreux fumeurs souhaitant arrêter le tabac ou tout simplement réduire leur consommation. Si des inconnues persistent quant à ses conséquences sur la santé à long terme, les experts s’accordent désormais pour dire que l’e-cigarette est infiniment moins nocive que la cigarette classique. De leur côté, les autorités sanitaires reconnaissent, à demi-mot, son utilité dans l’aide au sevrage tabagique.

Un véritable succès commercial ! Inventée en Chine en 2006, l’e-cigarette s’est depuis développée de façon spectaculaire à travers le monde. En France, son usage concerne aujourd’hui de 2,6 à 3 millions de personnes. Plébiscitée par de nombreux fumeurs qui tentent d’arrêter le tabac, mais aussi par certains médecins, la cigarette électronique est-elle pour autant dénuée de risques pour la santé ? Si l’on connaît mal ses effets à long terme, une chose est désormais certaine : « La vapoteuse, avec ou sans nicotine, est infiniment moins nocive que la cigarette, observe le docteur Daniel Thomas, professeur de cardiologie à la Pitié-Salpêtrière (Paris) et porte-parole de la Société francophone de tabacologie (SFT). Elle ne contient pas de tabac et il n’y a pas de combustion : elle ne libère ni monoxyde de carbone ni quantité significative de particules fines solides ou de substance cancérogène, contrairement à la fumée de tabac.» 
Composée d’une batterie, d’une cartouche et d’un atomiseur, la cigarette électronique se recharge avec des flacons d’e-liquide contenant du propylène glycol, de la glycérine et des arômes. Ce sont ces composants qui suscitent encore des interrogations. « On manque de recul pour évaluer leurs conséquences sur la santé, précise le professeur Thomas. Pour l’instant, on sait juste que les substances inhalées sont potentiellement irritantes. » 

Réduction de risque majeure

Quoi qu’il en soit, les spécialistes s’accordent aujourd’hui pour dire que l’adoption de la cigarette électronique présente, à court et moyen termes, une réduction de risque majeure en comparaison de la poursuite du tabagisme, qui, rappelons-le, tue plus de 73 000 personnes par an dans notre pays. Selon la Haute Autorité de santé (HAS), l’utilisation de la cigarette électronique « chez un fumeur qui a commencé à vapoter et qui veut s’arrêter de fumer ne doit pas être découragée ». L’e-cigarette est même « considérée comme une aide au sevrage tabagique » par le Haut Conseil de santé publique. Mais parce qu’elle n’est pas reconnue comme produit médicamenteux d’aide au sevrage tabagique (son statut est celui d’un produit de consommation courante ; lire aussi l’encadré ci-dessous), la cigarette électronique ne fait pas partie des outils d’aide à l’arrêt du tabac (gommes à mâcher, patchs) et n’est donc pas recommandée officiellement par les autorités sanitaires. Elle n’est, en théorie, jamais proposée en première intention au fumeur qui souhaite se libérer du tabac. D’ailleurs, aucune étude n’a encore démontré une quelconque supériorité de son efficacité par rapport aux autres outils de sevrage. « Les cigarettes électroniques de dernière génération sont toutefois bien plus performantes dans la délivrance de la nicotine, ajoute le professeur Thomas. Il est donc impératif de poursuivre les études qui évaluent leur efficacité. » 

La problématique du double usage

Du côté des chiffres, les résultats ne sont pas encore très probants. D’après le Baromètre santé 2014, seuls 15 % des fumeurs passés à la cigarette électronique ont complètement arrêté le tabac et trois quarts des vapoteurs sont aussi des consommateurs réguliers de cigarettes classiques. « Tout le problème est là, souligne le professeur Thomas. Nombreux sont ceux qui restent des doubles usagers en conservant quelques cigarettes par jour. Si le risque est diminué, il persiste tout de même de façon importante, notamment au niveau cardiovasculaire. Même à petites doses, le tabac perturbe la coagulation sanguine et la dilatation des artères, ce qui favorise la formation des caillots de sang. » Il n’y a donc pas d’exposition sans danger, et c’est également vrai en ce qui concerne les risques de cancer. La cigarette électronique constitue ainsi, pour certains fumeurs, un outil potentiel d’aide au sevrage tabagique, mais n’est vraiment bénéfique qu’à condition de viser, à terme, un arrêt total du tabac. « N’oublions pas que la dépendance est un phénomène complexe, qui varie d’un individu à l’autre, conclut le professeur. Il n’y a pas de solution miracle. Chacun doit trouver la méthode qui lui convient le mieux. »
Aliisa Waltari

 

Quel statut pour l’e-cigarette ?
La cigarette électronique est un produit de consommation courante. Elle doit à ce titre répondre « à l’obligation générale de sécurité conformément aux dispositions du Code de la consommation, précise l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). La teneur en nicotine des produits du vapotage doit être inférieure ou égale à 20 mg/ml. » Qu’elles contiennent ou non de la nicotine, les e-cigarettes ne peuvent être vendues en pharmacie. Pour qu’elles soient considérées comme des produits de santé, il faudrait qu’un fabricant dépose une demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) auprès de l’ANSM. Or, jusqu’à présent, aucun fabricant de cigarette électronique ne s’est positionné dans ce sens : l’obtention d’une AMM est soumise à des règles très strictes (de fabrication, d’efficacité et de diffusion) et nécessite des investissements importants. Par ailleurs, certains soulignent que si l’e-cigarette devenait un produit de santé, cela lui donnerait une certaine légitimité sanitaire et encouragerait son utilisation, notamment chez les plus jeunes. Une telle situation conduirait à une sorte de « renormalisation » de l’acte de fumer. Et on le voit déjà dans les lieux publics : la cigarette électronique et sa fumée réinvestissent des lieux d’où le tabac avait complètement disparu. C’est pour cela que le ministère de la Santé a souhaité en réglementer l’usage : le vapotage est désormais interdit dans les établissements scolaires, les transports collectifs et les lieux de travail fermés à usage collectif. 

 

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