Automédication : les bons comportements

Publié le 24.01.2017  |   Dossier 2017-03-23

Les Français sont nombreux à se soigner eux-mêmes. Ils réutilisent un médicament déjà prescrit ou en achètent sans ordonnance en pharmacie, il est cependant important de respecter certains points de vigilance. 

Selon une enquête réalisée par l’institut Ipsos pour l’Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (Afipa) et  publiée en mars 2016, 80 % des Français auraient eu recours à l’automédication afin de traiter des troubles bénins au cours de l’année passée. 
Pour 92 % des personnes interrogées, les symptômes auraient disparu sans qu’elles aient eu besoin de consulter un médecin. 
Quelque 91 % des Français se sentiraient d’ailleurs capables de gérer seuls certains « problèmes de santé simples ». De leur côté, les médecins généralistes sondés reconnaissent que 45 % de leurs patients sont capables de soigner par eux-mêmes les maux bénins. Ils concèdent également que le développement de l’automédication pourrait désengorger leur cabinet (59 %), réduire les dépenses de santé (53 %) et leur permettre de se recentrer sur des problèmes sanitaires plus lourds (63 %).Automédication médicament - Mutuelle Mieux Etre

Traiter les troubles bénins

Le Conseil national de l’ordre des médecins définit l’automédication comme « l’utilisation, hors prescription médicale, par des personnes, pour elles-mêmes ou pour leurs proches, et de leur propre initiative, de médicaments considérés comme tels et ayant reçu l’AMM (autorisation de mise sur le marché, NDLR),  avec la possibilité d’assistance et de conseils de la part des pharmaciens ». Autrement dit, le patient qui souffre d’un rhume, d’un mal de gorge, de tête, de dent ou de ventre ou encore d’un petit traumatisme pioche dans la pharmacie familiale ou se rend directement en officine pour acheter des médicaments.
Le recours à l’automédication présente un avantage de taille pour le patient : la rapidité. Dans certaines régions, obtenir un rendez-vous avec un médecin généraliste peut s’avérer difficile, alors que les officines sont plus accessibles. « Certains patients se servent directement dans les produits en libre accès, d’autres viennent demander conseil au comptoir, observe Marcelline Grillon, pharmacienne et vice-présidente de la section A des pharmaciens d’officine de l’Ordre des pharmaciens. Dans tous les cas, nous accompagnons les patients dans leur choix, nous les conseillons et leur posons des questions pour éliminer d’éventuelles contre-indications ou des indices de gravité qui retarderaient le diagnostic. Si le patient nous présente sa carte Vitale et qu’il a un dossier pharmaceutique, nous pouvons consulter son historique pour éviter le risque d’interaction avec un autre traitement, puis nous renseignons le nom des médicaments pris, ce qui est important pour la sécurité des dispensations ultérieures. »

Demander conseil au pharmacien

En effet, l’automédication n’est pas sans risque. Elle peut entraîner un retard de diagnostic, engendrer une dépendance à certaines substances, et les interactions avec d’autres médicaments ou avec certains aliments peuvent avoir des conséquences sur la santé. « Les antihistaminiques sont, par exemple, contre-indiqués aux personnes qui sont traitées pour un glaucome. L’ibuprofène est, lui, interdit aux femmes enceintes », illustre la pharmacienne. 
Le premier réflexe doit donc être de solliciter les conseils de son pharmacien avant de se soigner seul. 
« Même vendus sans ordonnance, les produits d’automédication restent des médicaments, il est donc important de lire la notice, de respecter les doses maximales et de vérifier que la date de péremption n’est pas dépassée, poursuit Marcelline Grillon. Pour traiter les enfants, il est nécessaire d’être vigilant sur le dosage. Enfin, si au bout de quelques jours les symptômes persistent, il ne faut pas hésiter à consulter 
son médecin et à lui indiquer quels médicaments on a pris. »

 

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