Orthodontie fonctionnelle : rééduquer la langue

Publié le 15.03.2017  |  Actualité

Lorsqu’une mauvaise utilisation de la langue est dépistée précocement, dès l’âge de 4 ans, l’orthodontie fonctionnelle permet dans certains cas de limiter de futurs problèmes de dentition.

Déglutir, mastiquer, respirer sont des fonctions naturelles. Pourtant, ces réflexes ne sont pas toujours exécutés correctement et de mauvaises habitudes peuvent entraîner des déformations, des malpositions des mâchoires et des problèmes de dentition. En prenant en compte l’ensemble des fonctions de la bouche, l’orthodontie fonctionnelle s’adresse particulièrement aux enfants en pleine croissance (de 5 à 11 ans), dont les défauts de respiration, de mastication ou de déglutition pourront être corrigés de manière efficace et rapide. Cela dit, il n’est jamais trop tard pour agir, et les adultes, jeunes ou moins jeunes, peuvent également y avoir recours, car en plus d’offrir un joli sourire, un bon alignement des dents évite qu’elles ne se déchaussent ou ne s’usent de manière prématurée.

Un diagnostic précoceOrthodontie déformation langue - Mutuelle Mieux Etre

Tout commence dès le plus jeune âge. « Les enfants qui ont été allaités ont en général une musculature de la mâchoire mieux développée, observe le docteur Claude Bourdillat-Mikol, orthodontiste membre de la Fédération française d’orthodontie (FFO). Pour renforcer la stimulation musculaire de ceux qui ont pris 
le biberon, il faut donner à ces derniers des aliments que l’on peut mastiquer, par exemple des purées de légumes ou des compotes contenant de petits morceaux.» 
La période la plus propice pour intervenir se situe entre 6 et 8 ans, mais l’orthodontiste peut repérer certains troubles encore plus tôt, vers 4 ou 5 ans. La mise en place de traitements préventifs peut alors permettre d’éviter que les déformations ne s’aggravent tout au long du développement de l’enfant.

Bien respirer

Le docteur Claude Bourdillat-Mikol confirme que « la rééducation précoce de la langue diminue la complexité des cas ». Elle conseille donc aux parents d’être « attentifs si l’enfant suce son pouce, garde tout le temps la bouche ouverte ou encore respire mal en raison de rhinites fréquentes ». 
Respirer par le nez, de jour comme de nuit, est en effet essentiel pour que le palais et la mâchoire se développent de façon harmonieuse. La langue se place ainsi correctement, en haut contre le palais, alors qu’avec une respiration par la bouche elle aura tendance à rester en bas et à moins solliciter la croissance du 
maxillaire. L’orthodontiste assure qu’une rééducation permet, même aux très jeunes enfants, d’« apprendre à mieux respirer, à se moucher, à fermer les lèvres ». 
Selon elle, on peut corriger certaines habitudes très tôt, dès 3 à 5 ans, en incitant l’enfant à ne plus sucer son pouce et à bien placer sa langue afin que celle-ci n’appuie pas sur les dents de devant lors de la déglutition, un geste répété des milliers de fois par jour. 

Surveiller les mâchoires

La mastication doit également être corrigée si nécessaire, afin que tous les muscles et toutes les dents travaillent, aussi bien du côté gauche et du côté droit que devant. « Normalement, la mâchoire supérieure doit être comme un couvercle et se fermer sur celle du bas à la manière d’une boîte, explique le docteur Bourdillat-Mikol. Lorsqu’elle est trop étroite, il y a généralement un côté qui ne s’adapte pas complètement, et elle n’est pas fonctionnelle, car elle n’est pas assez large pour recouvrir complètement la mâchoire inférieure. » Le traitement orthodontique vise alors à l’élargir, par le port d’un appareil d’expansion ou d’un éducateur fonctionnel, « un petit appareil amovible – le plus souvent des gouttières en silicone – que l’enfant portera le soir ».

Un suivi tout au long de la croissance

Entre 8 et 12 ans, alors que la dentition est encore mixte (dents de lait et dents définitives), l’orthodontiste peut agir sur les fonctions et la croissance. Puis, lorsqu’il n’y a plus que les dents définitives, un appareil avec des bagues peut être prescrit pour jouer sur la position des mâchoires (occlusion) et l’alignement final des dents. Claude Bourdillat-Mikol rappelle que « des consultations gratuites chez le dentiste sont proposées par l’Assurance maladie pour les enfants et les ados âgés de 9, 15 et 18 ans ». A cette occasion, les parents ne doivent pas hésiter à demander au praticien si les mâchoires de leur enfant sont bien positionnées l’une par rapport à l’autre. 
Chez l’adulte et le jeune adulte, l’orthodontiste pose le diagnostic à l’aide de moulages, de radios, et en étudiant des fonctions comme la déglutition, car « une rééducation de la langue, associée au port d’un appareil, peut également être nécessaire dans certains cas », indique Claude Bourdillat-Mikol. Des séances chez un orthophoniste ou chez un kinésithérapeute formé à la rééducation linguale sont parfois prescrites dans le cadre du traitement orthodontique.

Une prise en charge partielle

Le coût de l’orthodontie varie selon les techniques, la complexité du cas, le type d’appareil (appareil dentaire ou éducateur fonctionnel) et la durée du traitement (de six à trente-six mois). Quel que soit l’appareil, la prise en charge de l’Assurance maladie s’élève à 193,50 euros par semestre, à condition que le traitement soit entrepris avant le seizième anniversaire. Avant de débuter les soins, il faut envoyer une demande d’entente préalable à sa caisse d’assurance maladie. Une fois l’accord obtenu, le traitement doit commencer dans les six mois. Chaque semestre, la demande d’entente préalable est à renouveler. 
A la pose de l’appareil, le premier semestre, la caisse d’assurance maladie rembourse 96,75 euros. Ensuite, les remboursements sont effectués en fin de semestre (parfois à la fin de chaque trimestre de traitement). Enfin, une fois le traitement terminé, une année de consolidation est indispensable. Celle-ci est prise en charge en partie par l’Assurance maladie. Selon le contrat choisi, les complémentaires santé peuvent ajouter un remboursement.
Au-delà de 16 ans, l’Assurance maladie ne rembourse plus les traitements, à l’exception des cas associant orthodontie et chirurgie.

 

 

 

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