Troubles du sommeil du jeune enfant : Les causes médicales

Publié le 18.06.2021  |   Actualité 2021-06-18

A partir de 6 mois, le nourrisson présente fréquemment des troubles du sommeil. L’angoisse de la séparation et le renforcement de l’attachement auprès des personnes qui représentent son environnement affectif, peut contrarier l’acceptation du sommeil.

De manière classique également, le bébé manifeste très souvent une sorte d’excitation ou de nervosité dans le créneau de 18 h/19 h, qui se traduit par des pleurs insistants. Ce trop-plein d’énergie de la fin de journée ne facilite pas non plus la venue de l’endormissement.

Pour autant, il s’avère que 15 à 20 % des problèmes de sommeil de la naissance à l’âge de 3 ans proviennent de causes médicales. Un bébé qui s’agite et pleure de manière inhabituelle, reste difficile à consoler et qui se comporte ainsi également en journée, doit alerter : il ressent peut-être des douleurs.

Dans bien des cas, l’attention particulière portée à l’enfant malade pendant la nuit, perturbe les bonnes habitudes acquises et un endormissement difficile peut subsister une fois le mal soigné. La patience et le retour à un rituel du coucher bien cadré et régulier, aideront à revenir progressivement à l’acceptation de la séparation en toute confiance.

Les causes médicales

1/ Douleurs diverses : 

  • Otites : les douleurs sont exacerbées par la position allongée de sorte que l’enfant pleure surtout la nuit
  • Reflux gastro-œsophagien avec souvent régurgitations : le phénomène peut se calmer puis resurgir plus tard
  • Allergie à la protéine du lait de vache : souvent associée à un eczéma, elle représente 10 % des troubles du sommeil du jeune enfant
  • Coliques, constipation avec inconfort abdominal
  • Poussées dentaires avec douleurs inflammatoires plus sensibles la nuit
  • Infection urinaire, infection respiratoire,
  • Problèmes dermatologiques : l’eczéma, les démangeaisons du prurit.

2/ Le syndrome des jambes sans repos 

Le syndrome des jambes sans repos touche aussi  les enfants.Généralement, les symptômes sont les même que pour les adultes : inconfort aux jambes (« bulles pétillantes le long des jambes ») et difficultés à s’endormir ou à rester endormi car il faut bouger les jambes pour que les sensations désagréables disparaissent.

3/ Syndrome d’apnées du sommeil

Environ 10 % des enfants ronflent, ceci sans conséquence pour une grande majorité. Toutefois, l’apnée du sommeil touche 2 à 4 % de ces tous jeunes ronfleurs.

En fait un enfant qui ronfle de manière anodine a un sommeil calme. Bien éveillé en journée, il ne présente aucun trouble de comportement particulier. L’enfant est attentif et participatif. Mais chez certains enfants, le ronflement peut s’accompagner d’une augmentation des efforts respiratoires et de perturbations du sommeil. Il y a alors un syndrome d’apnées du sommeil qui doit être exploré sur le plan médical, et traité si besoin.

Les conséquences des apnées du sommeil ne sont pas anodines :

  • retard de croissance
  • conséquences métaboliques (prise de poids, diabète)
  • perturbation du développement cognitif
  • trouble du comportement de type agitation psychomotrice
  • facteur de risque cardiovasculaire à long terme et en l’absence de traitement.
     

Ce syndrome touche 1 à 3 % des enfants d’âge préscolaire. La fréquence du syndrome d’apnées obstructives du sommeil diminue après l’âge de 6 ans avec la diminution de volume des amygdales et des végétations ainsi que l’augmentation de calibre des voies aériennes supérieures liée à la croissance.Certains facteurs augmentent le risque d’apnées du sommeil chez le petit :

  • enfant prématuré
  • quand les parents fument (le risque est multiplié par 2)
  • en cas d’infections respiratoires à répétitions, d’asthme ou encore de reflux gastro-œsophagien
  • en cas  de malformation de la sphère oro-pharyngée comme dans certaines maladies génétiques (trisomie 21, syndrome de Pierre Robin…)
  • lorsqu’un parent est atteint d’un syndrome d’apnées du sommeil
  • en cas d’obésité.

Les problèmes comportementaux

L’abandon au sommeil occasionne parfois des angoisses et des peurs chez le jeune enfant qui doit surmonter des troubles du sommeil comme les parasomnies. D’autres troubles du sommeil existent qui risquent d’occasionner des problèmes comportementaux problématiques sur le long terme.

1/ Les parasomnies :

Parmi les troubles du sommeil les plus courants figurent les parasomnies avec les cauchemars, les terreurs nocturnes et les éveils confusionnels qui sont les plus fréquents jusqu’à l’âge de 3 ans.

Les parasomnies peuvent survenir au moment de l’endormissement ou pendant le sommeil, le plus souvent lors de la transition entre les différents stades de sommeil. Habituelles chez l'enfant, elles ont un caractère épisodique : par exemple, tous les soirs pendant 15 jours, puis plus rien pendant un mois.

Bien qu’une prédisposition génétique dans 60 à 80 % des cas, puisse en favoriser la survenue, ce sont bien souvent des facteurs extérieurs qui sont à l’origine des parasomnies :

  • privation ou rythme irrégulier de sommeil
  • un épisode fiévreux
  • une activité physique particulièrement intense et trop tardive
  • un environnement de sommeil bruyant 
  • une distension de la vessie (boisson trop abondante le soir) 
  • anxiété ou stress, dû à un changement de mode de vie : voyage, entrée en collectivité, naissance d’un frère ou sœur…

Les cauchemars

Le cauchemar, ou mauvais rêve, peut apparaître vers 1 ou 2 ans. Souvent en milieu ou fin de nuit, l’enfant est réveillé et encore tout effrayé de ce qu’il vient de vivre. Parfaitement réveillé, il pourra s’en souvenir et le raconter. Le réconfort des parents suffit en général pour retrouver le sommeil.

Les cauchemars peuvent devenir problématiques avec une appréhension pour aller se coucher, lorsqu’ils sont récurrents sur une période courte et en plus sur le même thème.

Les terreurs nocturnes

Dans une telle situation, l’enfant n’est pas vraiment réveillé bien qu’il puisse être assis sur son lit avec les yeux grands ouverts. Il semble terrorisé et son éveil s’accompagne souvent d’un cri et de pleurs. Il peut avoir une respiration forte, saccadée, prononce parfois des paroles incohérentes, saute occasionnellement du lit et ne répond pas quand on lui parle. Il est ailleurs… dans un autre monde de la nuit… Ces épisodes durent de 1 à 20 minutes, puis l’enfant se rendort. Les terreurs nocturnes sont plus fréquentes entre 4 et 8 ans.

Les éveils confusionnels

Les éveils confusionnels surviennent quant à eux lors d’une sieste ou en début de nuit. Assez proches des terreurs nocturnes, ils sont plus fréquents chez l’enfant de moins de 5 ans. Profondément endormi, celui-ci se met à grogner, puis pleure, s’agite jusqu’à sortir parfois du lit. Il repousse la personne qui cherche à le prendre dans les bras. Cette manifestation peut durer de quelques minutes à plus d’une heure.
 

2/ Autres troubles du sommeil
 

Les rythmies du sommeil

Les rythmies sont le plus souvent passagères et concernent environ 60 % des nourrissons autour de 9 mois. Ce sont des mouvements de balancement de la tête et du corps qui surviennent  au moment de l’endormissement, parfois accompagnés de vocalisations. Ils peuvent être assez violents et impressionnants mais disparaissent sur quelques mois, parfois plusieurs années (8 % des enfants de 4 ans présentent encore des rythmies). Si nécessaire, protéger le pourtour du lit afin que l’enfant ne se blesse pas et bien caler le lit pour empêcher tout déplacement. Eviter également que le petit demeure trop de temps dans son lit sans dormir, en retardant éventuellement l’heure du coucher.
 

Sursauts ou myoclonies du sommeil non épileptiques

Les sursauts surviennent au moment de l’endormissement. Ils correspondent à une secousse involontaire et brutale du corps et peuvent réveiller l’enfant ou l’empêcher de s’endormir. Des hallucinations visuelles, auditives ou corporelles sont également possibles. Elles représentent des sources d’inquiétudes supplémentaires pour l’enfant qui risque de manifester une opposition au coucher et une peur du noir.

Les myoclonies sont des secousses musculaires plus brèves, plus localisées. L’option de maintenir les membres supérieurs pour que l’enfant puisse s'endormir est parfois préconisée.
 

L’insomnie

L’insomnie touche 25 à 50 % des enfants de moins de 5 ans. Elle se traduit par des difficultés d’endormissement avec pleurs et opposition au moment du coucher et/ou de réveils nocturnes prolongés entre 2 cycles de sommeil.  

On parle de difficultés d'endormissement lorsque l'enfant ne parvient pas à s'endormir dans un délai de 30 minutes. Chez le nourrisson, l'endormissement est souvent difficile, surtout s'il n'a pas été habitué à s’endormir seul dans son lit. 

De plus, dès l'âge de 18 mois, l'enfant peut chercher à repousser le moment de la séparation : demandes répétées d'histoires, rappels des parents, s’éternisent jusqu’au moment des pleurs quand les parents ne répondent plus à sa demande. L’heure du coucher est alors mal vécue par l'enfant et les parents.

Renforcer le rituel, rassurer l’enfant et faire preuve d’un peu de fermeté affectueuse, devraient aider à passer plus rapidement cette période.
 

L’hypersomnie

L’hypersomnie peut affecter les enfants, même très jeunes, mais reste rare. Les médecins définissent l’hypersomnie comme une durée de sommeil supérieure de 2 à 3 heures à la durée normale du sommeil pour un âge donné.

Dans la majorité des cas, elle est le reflet d’une mauvaise adaptation des rythmes circadiens et traduit un manque de sommeil. D’autres causes plus rares sont toutefois possibles :

  • Des troubles endocriniens, comme une hypothyroïdie 
  • Des problèmes respiratoires, comme un asthme 
  • Des infections, comme la mononucléose infectieuse 
  • Des troubles psychiatriques, comme la dépression 
  • Certains médicaments susceptibles d’affecter la durée ou la qualité du sommeil
  • Le syndrome d’apnée du sommeil
  • Le syndrome des jambes sans repos.
     

3/ Les problèmes comportementaux

Les problèmes comportementaux avec refus de dormir ou lever en pleine nuit pour rejoindre la chambre parentale, perturbent le sommeil du jeune enfant et des parents. Ces éveils pendant le sommeil sont physiologiques jusqu’à l’âge de 3 ans et sont caractérisés par le fait que les enfants n’arrivent pas à s’endormir seuls. Ils ont tendance à disparaître spontanément ou dans la mesure où de nouveaux comportements ont été adoptés.

Les troubles du sommeil ou les problèmes comportementaux nuisent à la qualité du sommeil et peuvent être responsables de nuits plus courtes et potentiellement moins reposantes.

À court ou moyen terme, un mauvais sommeil chez l’enfant peut provoquer :

  • des troubles du caractère (ex. : hyperactivité, irritabilité) 
  • une somnolence durant la journée 
  • des difficultés d’apprentissage scolaire avec problèmes d’attention et de concentration
  • un risque plus important de développer un surpoids.

Dans de nombreux cas, ces troubles comportementaux s’expliquent dans la mesure où le nourrisson a oublié, ou n’a jamais appris, comment s’endormir seul. Ils peuvent bien souvent se résoudre avec quelques changements et de la patience. Il est parfois souhaitable que les parents prennent de nouvelles habitudes ou adaptent leurs pratiques pour donner à l’enfant les fondements d’un bon sommeil.

Dans les cas plus complexes, un traitement comportemental pourra être envisagé avec des professionnels du sommeil, associé parfois à une prise en charge psychologique de l’enfant et des parents (thérapie comportementale).

Le « fading » est par exemple, une technique anglo-saxonne qui peut être utilisée pour les enfants qui sortent à plusieurs reprises de leur lit pour aller retrouver leurs parents (voir précisions sur le site du Réseau Morphée).

Il existe par ailleurs une échelle de dépistage pour identifier certains troubles du sommeil de l’enfant de 6 mois à 4 ans (consultable sur le site du Réseau Morphée).

Sources et références
 

RESEAU MORPHEE

https://sommeilenfant.reseau-morphee.fr/bebe/sommeil-du-bebe/

https://reseau-morphee.fr/le-sommeil-et-ses-troubles-informations/lorganisation-du-sommeil/sommeil-lage/le-sommeil-selon-le-profil-enfant-ado-senior/le-bebe/de-1-a-3-ans/technique-fading

https://sommeilenfant.reseau-morphee.fr/wp-content/uploads/sites/5/2020/05/SDSC_6mois_4ans.pdf

 

INSV

https://institut-sommeil-vigilance.org/le-sommeil-de-lenfant/#:~:text=L'endormissement&text=Il%20faudra%20coucher%20votre%20b%C3%A9b%C3%A9,repas%20et%20de%20siestes%20r%C3%A9guliers

https://institut-sommeil-vigilance.org/wp-content/uploads/2019/02/RESULTATS_ENQUETE_INSV_MEGN2017.pdf

 

DEPARTEMENT SOMMEIL DE L’UNIVERSITE DE LYON

http://sommeil.univ-lyon1.fr/articles/challamel/sommenf/6mois.php 

 

HOPITAL NECKER – Service VNI / Ventilation NonInvasive et Sommeil de l’Enfant

http://vnietsommeil.aphp.fr/fiche-sommeil-enfant-1-a-3-ans/

 

HAS /Haute Autorité de Santé

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3220369/fr/prevenir-la-tete-plate-conseils-aux-parents

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-01/recto_a4-vdef_20210107.pdf

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2020-02/reco276_fiche_memo_deformatons_craniennes_min_cd_2020_02_05_v11_fev.pdf

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/argumentaire_mort_inattendue_nourrisson.pdf

(Pages 10 à 13) https://www.hypersomnie.fr/hypersomnie-chez-enfants/

 

GUEGUEN, Catherine. (2017). « Vivre heureux avec son enfant ». Chapitre « Le sommeil » p.69 -112.Editions Pocket Evolution. 301 pages.

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