Les dangers du tabac chez la femme

Publié le 04.11.2021  |   Actualité 2021-11-04

En France, 26,5% des femmes sont fumeuses et 20 à 25% des femmes françaises enceintes continuent de fumer tout au long de leur grossesse (données présentées dans le Baromètre Santé 2017, publié par Santé Publique France). Le tabagisme est plus fréquent parmi les femmes les plus jeunes et les moins diplômées.

Ces chiffres sont en augmentation depuis 2005, et c’est un triste record européen, révélé en février 2015 par le Ministère de la Santé. Cependant, depuis 2018, on observe une diminution du tabagisme passant de 28,9% à 26,5% et de de 22,9% à 20,7% pour le tabagisme quotidien.

Le tabagisme est nocif pour les femmes comme pour les hommes. Mais il favorise aussi l’apparition et l’aggravation de pathologies spécifiques des femmes.

Pendant la grossesse les risques sont accentués, non seulement pour la femme enceinte mais aussi pour son bébé, y compris après sa naissance.
La femme enceinte peut être aidée quand elle souhaite arrêter de fumer : l’usage des substituts nicotiniques est possible sous certaines conditions.

Une incitation financière à arrêter de fumer pendant la grossesse est proposée depuis 2018 (Programme hospitalier de recherche clinique coordonné par le Dr Ivan Berlin).

Tabagisme : quels sont les risques spécifiques des femmes ?

La fumée du tabac contient plus de 4000 composants toxiques.

Le tabagisme favorise l’apparition ou l’aggravation de certaines pathologies, chez l’homme comme chez la femme : maladies cardiovasculaires et veineuses, cancers, etc.

Le tabagisme a aussi des conséquences esthétiques : vieillissement prématuré de la peau ou jaunissement des dents par exemple.

Enfin, chez les femmes fumeuses, on peut observer le développement de pathologies spécifiques.

Cancer du poumon et cancer bronchique : une montée en puissance

Alors que le cancer du poumon diminue chez les hommes, il augmente chez les femmes. Il est devenu le troisième cancer le plus fréquent chez les femmes, après le cancer du sein et le cancer colorectal. La mortalité par cancer du poumon tous âges confondus chez les femmes dépasse maintenant la mortalité par cancer du sein.

Le cancer bronchique suit une évolution similaire : c’est désormais la deuxième cause de mortalité par cancer chez la femme.

Ces tendances devraient se poursuivre : elles sont fortement liées à l’augmentation du tabagisme féminin depuis 40 ans.

Cancers spécifiques de la femme : des risques accrus dus au tabagisme

Le tabagisme féminin augmente le risque de développer :

  • le cancer du col de l’utérus,
  • le cancer de l’ovaire,
  • le cancer du sein.

Les cancers dus au tabagisme chez les femmes sont souvent plus difficiles à soigner et les chances de guérison sont plus faibles.

Maladies cardiovasculaires et veineuses

Le tabagisme est l’un des principaux facteurs de risques des maladies cardiovasculaires.

La prise de la pilule contraceptive associée au tabagisme en accentue les effets.

Ménopause précoce

La ménopause précoce se traduit par l’arrêt des fonctions ovariennes avant 40 ans. Elle est plus fréquente chez les femmes fumeuses (2 ans plus tôt en moyenne). Les troubles liés à la ménopause, comme les bouffées de chaleur, sont plus importants chez les femmes fumeuses.

Ostéoporose

En favorisant la ménopause précoce, le tabagisme empêche les effets protecteurs des hormones et peut freiner la fixation du calcium par les os : c’est donc un facteur de survenue de l’ostéoporose.

Cycle menstruel perturbé

Les femmes fumeuses ont plus souvent un cycle menstruel perturbé et douloureux.

Quels sont les effets du tabagisme sur la grossesse ?

Le tabagisme a des effets sur le déroulement de la grossesse comme sur la santé de la mère et de l’enfant. Plus le tabagisme est important, plus les risques sont élevés. Mais arrêter de fumer avant ou pendant la grossesse, même tard, a toujours des effets positifs.

Chez les femmes enceintes fumeuses, on observe un risque accru de :

  • baisse de la fertilité : la conception de l’enfant est plus difficile, y compris lorsque l’on recourt à des techniques de procréation médicalement assistée ;
  • placenta fixé trop bas dans l’utérus, ayant pour conséquence possible un hématome rétroplacentaire (épanchement de sang entre le placenta et l’utérus, mettant en danger la vie de l’enfant et celle de sa mère) et des saignements pendant le troisième trimestre de la grossesse ;
  • accouchement prématuré ;
  • fausse couche spontanée ;
  • grossesse extra-utérine ou ectopique (le tabac serait responsable de 35% des GEU) : l’embryon s’implante en dehors de l’utérus (trompe utérine, ovaire, col utérin) et le déroulement de la grossesse peut être empêché faute d’un diagnostic précoce ;
  • cicatrisation plus difficile après une césarienne.

Les risques du tabagisme sur le fœtus et la santé de l’enfant

  • perturbation du développement du fœtus : il reçoit moins d’oxygène et l’exposition aux composés toxiques du tabac peut être source de malformations, d’un retard de croissance in-utero. Le rythme cardiaque du fœtus est également modifié ;
  • mort subite du nourrisson : le tabagisme maternel et le tabagisme passif sont identifiés comme des facteurs de risques ;
  • retard de croissance : l’enfant est de petit poids à la naissance, ce qui le rend plus fragile ;
  • développement de certains cancers (ex. : hépatoblastome, leucémie) ;
  • développement plus fréquent de maladies respiratoires : asthme, bronchites, etc.

À noter : une femme enceinte peut ne pas fumer mais subir la fumée de son entourage familial, amical ou professionnel. Il s’agit d’un tabagisme passif. Dans ce cas, les conséquences sont les mêmes que pour un petit tabagisme. Une femme enceinte doit donc éviter autant que possible d’être exposée à la fumée des autres.

Comment arrêter de fumer quand on attend un bébé ?

L’envie d’avoir un enfant ou une grossesse sont de bonnes motivations pour arrêter de fumer. Il n’est jamais trop tard pour s’engager dans cette démarche, et les bénéfices pour la mère comme pour l’enfant sont réels.

Quand arrêter de fumer ?

L’arrêt du tabac peut intervenir :

  • avant même la conception ou au tout début de la grossesse : c’est l’idéal (cela augmente même les chances de procréation) ;
  • plus tard pendant la grossesse et après l’accouchement.

L’arrêt doit être total : une simple diminution ne permet pas d’éviter les complications pour la mère, le fœtus ou le nourrisson.

Peut-on allaiter son bébé quand on fume ?

L’allaitement maternel est toujours à privilégier, y compris quand la mère est fumeuse. En effet, le lait maternel contient des éléments importants pour le développement de l’enfant, comme des anticorps qui le protégeront de certaines maladies. C’est aussi une pratique qui réduit les risques d’allergie chez l’enfant et qui est bénéfique au lien entre la mère et l’enfant.

Mais il faut garder à l’esprit que lors de l’allaitement maternel, la nicotine et d’autres substances contenues dans le tabac passent dans le lait et sont absorbées par l’enfant.

De plus, les effets protecteurs de l’allaitement maternel par une femme fumeuse existent à la condition que l’enfant soit allaité au moins six mois.

Or, des études démontrent que les femmes fumeuses ont moins de lait et qu’elles ont plus de difficulté à maintenir l’allaitement sur une longue période.

Il est donc conseillé d’arrêter de fumer quand on allaite son enfant. Cela peut d’ailleurs constituer une excellente motivation. Si l’on n’arrive pas à arrêter : attendre deux heures après la dernière cigarette pour allaiter son enfant, et fumer en-dehors de sa présence, c’est déjà une étape importante. Cela permettra de limiter le plus possible les doses de nicotine absorbées par l’enfant.

Il est possible de se faire aider :

  • le médecin traitant ou le tabacologue sont des interlocuteurs de choix ;
  • les thérapies comportementales et cognitives sont à privilégier  ;
  • certains traitements de substitution nicotinique peuvent être utilisés sous la surveillance d’un médecin ou d’un tabacologue.

Si j’arrête de fumer, je vais prendre du poids…

L’arrêt du tabac peut-être la source d’une légère prise de poids, de l’ordre de trois ou quatre kilogrammes. Une alimentation équilibrée et une activité physique régulière les supprimeront rapidement. La nicotine a un effet coupe-faim, et elle brûle les graisses. Lorsqu’on arrête de fumer il faut donc continuer à brûler les graisses en ayant une activité physique et/ou sportive régulière.

À qui s’adresser pour être aidée ?

Gynécologue, médecin traitant, sage-femme, infirmière, diététicienne… les professionnels de santé qui assurent le suivi de la femme enceinte l’aident et la conseillent dans sa démarche d’arrêt du tabac. Il est aussi possible de s’adresser à un tabacologue ou à un pharmacien. Pendant la grossesse, et jusqu’à la fin de l’allaitement, et sur prescription d’un médecin d’une sage-femme, d’une infirmière, d’un masseur-kinésithérapeute, d’un chirurgien-dentiste, le traitement nicotinique de substitution sera remboursé à 65% par l’assurance-maladie et à 35% par les complémentaires santé.

Dans un premier temps, les thérapies comportementales et cognitives seront privilégiées.

En cas d’échec, ou si le professionnel de santé l’estime utile, un recours aux traitements de substitution nicotinique est envisageable. Ils seront accompagnés d’un suivi et d’une adaptation progressive pour assurer toutes les chances de succès.

Il faut garder à l’esprit qu’une tentative manquée constitue malgré tout un pas vers le succès : nombreux sont les fumeurs (et les fumeuses !) qui procèdent à plusieurs essais avant de réussir à arrêter de fumer définitivement.

    Sources :

    Mutuelle Mieux-Etre Logo Mutuelle Mieux-Etre

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