Grandir dans une famille homoparentale

Publié le 29.12.2021  |   Actualité 2021-12-29

Voir un enfant évoluer au sein d’une famille avec deux mamans, deux papas ou un parent homosexuel soulève encore aujourd’hui de nombreuses questions : existe-t-il des différences dans l’éducation ? Comment s’épanouissent les enfants ? Quelles sont les difficultés rencontrées ? Premiers éléments de réponse.

Environ 31 000 enfants vivaient avec des parents de même sexe en France en 2018, dont 26 000 mineurs, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Mais ce chiffre n’englobe pas toutes les situations d’homoparentalité. Par exemple, lorsqu’un parent homosexuel célibataire vit avec son enfant, il n’est, par définition, pas compté. « On peut estimer qu’entre 31 000 et 45 000 enfants vivent dans une famille homoparentale », indique Nicolas Faget, porte-parole de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), qui œuvre pour la reconnaissance de l’homoparentalité. Les enfants élevés par des mères ou des pères homosexuels sont nés d’une précédente union hétérosexuelle, sont issus de la procréation médicalement assistée (PMA) ou d’une gestation pour autrui (GPA) pratiquée à l’étranger, ou encore ont été adoptés.

Oublier les idées reçues

Si certains s’inquiètent de l’impact de l’homoparentalité sur l’équilibre de l’enfant, les enquêtes scientifiques, elles, n’ont pour l’heure pas mis en avant d’effets sur le développement. « Il existe encore de nombreuses idées reçues, constate Nicolas Faget. Certains pensent qu’un couple d’hommes n’apportera pas assez d’affection, ou à l’inverse qu’un couple de femmes n’aura pas assez d’autorité, mais ce sont des stéréotypes de genre. Chaque parent peut apporter un équilibre à son fils ou à sa fille ». Dans son quotidien, l’enfant peut par ailleurs s’identifier à des figures féminines ou masculines autres que ces parents, par exemple à l’école ou dans l’environnement familial ou amical. « Vivre dans une famille homoparentale n’a pas d’impact sur l’orientation sexuelle des enfants », confirme le porte-parole.

Des enfants comme les autres

Les parents homosexuels sont confrontés aux mêmes questionnements sur l’éducation que les couples hétérosexuels. Petite enfance, enfance, adolescence, début de la vie d’adulte, « chaque âge soulève ses problématiques, mais comme dans toutes les familles », précise Nicolas Faget. La question des origines peut toutefois être soulevée. « Face aux questions, les parents trouvent généralement une réponse fluide, explique Nicolas Faget. Ce sont des personnes qui ont réalisé des démarches administrative ou médicales, souvent lourdes, pour avoir un enfant et qui ont dû construire un projet parental réfléchi et bien défini. Ils expliquent ainsi plus facilement leur désir de devenir parent et leur parcours. À l’APGL, nous leur recommandons de suivre les conseils des pédopsychiatres, c’est-à-dire de laisser l’enfant poser ses questions et d’adapter sa réponse à son âge et à sa capacité de compréhension. »

Le regard des autres sur le modèle homoparental peut en revanche apporter son lot de difficultés. « Il arrive que son enfant soit moqué à l’école à cause de l’orientation sexuelle de ses parents ou que des adultes aient des paroles blessantes, observe Nicolas Faget. Il faut alors l’aider à affronter cette situation. Mais ce type de comportement reste tout de même assez marginal, et aujourd’hui l’homoparentalité est globalement acceptée. »

 

Extension de la PMA à toutes les femmes


La loi relative à la bioéthique du 2 août 2021 ouvre la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples formés de deux femmes et aux femmes non mariées. Auparavant, seuls les couples hétérosexuels pouvaient en bénéficier. La PMA, appelée aussi assistance médicale à la procréation (AMP), regroupe un ensemble de techniques médicales (insémination artificielle, fécondation in vitro (FIV), accueil d’embryon) dont l’objectif est d’aider à avoir un enfant. Ces actes sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, après accord de la caisse, jusqu’au 43e anniversaire de la mère (six inséminations artificielles, quatre tentatives de FIV au maximum).

 

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