Le développement du télétravail

Publié le 19.03.2015  |  Dossier

 

Comme tous les matins, à 8 h 30, Margot, 35 ans, se prépare à partir travailler. Mais contrairement à la plupart des autres salariés, elle n’a pas besoin, pour cela, de passer la porte de son domicile. Il lui suffit de franchir celle de son bureau, chez elle. Car depuis près de quatre ans, Margot est une télétravailleuse.

« Je suis responsable marketing dans une grande société internationale, témoigne-t-elle. Avant, j’étais en poste à Paris. Puis j’ai eu mon premier enfant. Cette vie-là ne me convenait plus. Je culpabilisais de ne pas être présente pour mon fils à cause de mes horaires à rallonge et de l’élever dans la pollution. »
La jeune femme était même prête à démissionner lorsque son supérieur hiérarchique lui a parlé du télétravail. Dans un premier temps, elle teste cette nouvelle organisation à temps partiel, depuis son domicile parisien. « Nous avons commencé par deux jours par semaine, puis trois, raconte-t-elle. Et au bout de six mois, on a conclu que cela pouvait fonctionner à temps plein. Alors, j’ai déménagé. »

Voir grandir ses enfants

Aujourd’hui, à Bordeaux, la famille s’est agrandie. Elle compte deux nouveaux membres. Margot savoure chaque jour de voir grandir ses enfants. Et deux jours par mois, elle retourne à Paris, au siège, retrouver ses collègues.
Comme Margot, près de 17 % des Français travaillent à distance pour le compte de leur employeur, la plupart du temps depuis leur domicile (dans 79 % des cas) ou encore en télécentres (8 %). Des taux peu éloignés de ceux des pays scandinaves (environ 25 %), réputés en la matière. La tendance est encore plus forte dans les entreprises du CAC 40, puisque près de 48 % d’entre elles ont formalisé des accords de travail à distance.
Même s’il a commencé à se développer depuis plus d’une dizaine d’années, ce n’est qu’en 2012, par la loi du 23 mars, que le télétravail a été introduit dans le Code du travail. Sa définition reste très large puisqu’il « désigne toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon régulière et volontaire ».
Le passage au télétravail doit être prévu dans le contrat de travail ou un avenant à celui-ci ? C’est à l’employeur de prendre en charge tous les coûts directs (matériel, abonnements…). Pour le reste, le télétravail peut se réaliser à temps complet ou à temps partiel et doit être mis en place sur la base du volontariat du salarié. Il n’est jamais définitif : le salarié peut demander à retrouver un poste sans télétravail.

Expérience concluante

C’est en octobre 2009 qu’une grande entreprise du tertiaire s’est lancée. « Nous couvrons un territoire très dispersé, explique Bernard, responsable du développement RH. Un certain nombre de nos collaborateurs habitant loin de leur lieu de travail demandaient depuis plusieurs années à pouvoir télétravailler. Nous avons tenté l’expérience ».
Et elle a été concluante. Aujourd’hui, 58 collaborateurs sur 2 000 sont en situation de télétravail, principalement des postes de « relations clientèle », c’est-à-dire en plateforme téléphonique. « Cela peut paraître peu, mais ce choix est très exigeant, indique le responsable. Il requiert un équipement complet, il faut installer tout le réseau informatique de l’entreprise… Cela a un coût financier. Et puis tous les métiers ne sont pas éligibles : pour l’instant, il est difficile d’envisager cela pour un manager ou un commercial en agence. »
Le télétravail apparaît comme un contrat « gagnant-gagnant ». Les collaborateurs gagnent en autonomie et en qualité de vie. Les entreprises, elles, enregistrent jusqu’à 20 % d’absentéisme en moins et peuvent réaliser jusqu’à 30 % d’économies sur la surface immobilière.
« Ce n’est pas l’objectif premier, assure Bernard, mais cela nous permet d’investir dans des espaces de travail plus fonctionnels. Surtout, les indicateurs de productivité sont très bons. Et la formule doit convenir aux télétravailleurs puisqu’en cinq ans, nous n’avons eu que cinq retours au travail dans l’entreprise. »
Margot non plus n’envisage pas un retour à sa situation parisienne : « C’est vrai que quelques fois, je me sens un peu isolée, mais j’ai tellement gagné en qualité de vie. »

Virginie Plaut

 

 

 

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