Sténose carotidienne : quand les artères carotides se bouchent

Publié le 10.02.2020  |   Actualité 2020-02-10

Très fréquente après 60 ans, la sténose carotidienne, qui se manifeste par un rétrécissement partiel des artères carotides dû à des dépôts de graisse, est responsable d’environ un tiers des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Découverte par hasard dans la plupart des cas, cette pathologie se prend en charge par traitement médicamenteux, mais peut aussi nécessiter une intervention chirurgicale en cas d’obstruction trop importante. 


Principales artères du cou, les deux carotides sont la source essentielle d’oxygène et de nutriments nécessaires au bon fonctionnement du cerveau et de la rétine. Elles se divisent chacune en deux vaisseaux : la carotide externe, qui alimente plutôt le cou et le visage, et la carotide interne, chargée de nourrir la rétine et l’hémisphère cérébral. Avec l’âge, des dépôts de graisse (plaques d’athérome) peuvent progressivement obstruer ces artères, ce qui entraîne une réduction de leur calibre : on parle alors de sténose carotidienne. Très fréquente après 60 ans, cette pathologie se détecte souvent par hasard, à l’occasion d’examens réalisés pour d’autres motifs. « Mais si une des plaques se détache, elle va former un caillot sanguin qui bloquera la circulation et privera ainsi le cerveau d’oxygène (embolie cérébrale, NDLR) : c’est l’accident vasculaire cérébral », indique l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). L’AVC peut aussi se produire lorsque la carotide est trop obstruée (thrombose) et que l’afflux sanguin vers le cerveau est insuffisant. 

Traitement médicamenteux et hygiène de vie

Lorsque l’on découvre une sténose, que ce soit par hasard (sténose asymptomatique) ou à la suite d’examens consécutifs à un accident ischémique transitoire ou à un AVC (sténose symptomatique), une échographie doppler est réalisée pour déterminer le taux d’obstruction de l’artère. Dans tous les cas, la prise en charge associera « le contrôle des facteurs de risque cardiovasculaire et un traitement par antiagrégant plaquettaire (qui fluidifie le sang) et statine (diminue le taux de cholestérol dans le sang) », explique la Société de chirurgie vasculaire de langue française-SCVE. Selon la sévérité de la sténose, la surveillance se fera par une écho-doppler semestrielle ou annuelle. « Le traitement des facteurs de risque cardiovasculaires que sont l’hypertension, le diabète et le LDL cholestérol (le mauvais cholestérol, NDLR) est primordial, insiste le professeur Jean-Louis Mas, chef du service de neurologie de l’hôpital Saint-Anne et président de la fondation pour la recherche sur les AVC. Aux médicaments s’ajoutent aussi des modifications des habitudes de vie : arrêter absolument de fumer, pratiquer une activité physique, limiter l’alcool et avoir une alimentation équilibrée. »

Ablation de la plaque d’athérome

Si l’obstruction de l’artère est modérée, cette prise en charge sera suffisante. En revanche, si 70 % de son diamètre est bouché et qu’un accident cérébral a déjà eu lieu, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande la chirurgie. Il s’agira alors de pratiquer une ablation de la plaque d’athérome (endartériectomie) réalisée sous anesthésie générale ou locorégionale. Si l’accident cérébral est mineur, l’opération devra être réalisée dans les jours suivants, un peu plus tard s’il est majeur. Entre 50 et 69 % d’obstruction de l’artère, la chirurgie peut également être indiquée. La décision sera prise en fonction du profil du patient. Enfin, si la sténose carotidienne est découverte alors que l’accident cérébral n’a pas encore eu lieu (sténose asymptomatique), l’intervention sera envisagée à partir de 60 % d’obstruction. Elle est cependant très loin d’être systématique. « Grâce aux progrès du traitement médical, on s’est aperçu que le risque de premier infarctus cérébral chez les personnes atteints de sténose asymptomatique avait diminué, explique le professeur Mas. Actuellement, on se demande si la chirurgie apporte vraiment quelque chose de plus chez ces patients. » Plusieurs essais sont en cours en France et à l’étranger pour tenter d’éclaircir cette question. 

AVC : ne passez pas à côté des signes d’alerte

L’accident vasculaire cérébral se manifeste par différents symptômes : une déformation de la bouche ; une faiblesse d’un côté du corps et des troubles de la parole. Ces trois signes sont des alertes absolues. Il faut immédiatement composer le 15. Parfois, l’obstruction de l’artère cérébrale se résorbe d’elle-même sans séquelle. On parle alors d’accident ischémique transitoire. Les symptômes, sont les mêmes que l’AVC mais ne durent que quelques minutes. Ils signalent un risque d’AVC plus grave (AVC majeur) et constituent également une urgence nécessitant un appel au 15. 

 

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