Coopaname : le travail réinventé

Publié le 06.09.2016  |  Dossier

Face à un marché du travail saturé et à un environnement professionnel de plus en plus agressif pour les salariés, nombreux sont ceux qui souhaitent créer leur propre activité. En Ile-de-France et dans la Sarthe, Coopaname, première coopérative d’activité et d’emploi (CAE) du pays, permet à chaque travailleur ou travailleuse qui le souhaite d’échapper à la précarité du statut d’auto-entrepreneur en intégrant une structure collective qui les accompagne et les sécurise tout au long de leur parcours.

Proposer une sorte de troisième voie entre l’entrepreneuriat individuel et le salariat subordonné, qui permette aux travailleurs de créer leur propre activité autonome en échappant à la précarité et à l’isolement : telle est l’ambition portée par les coopératives d’activité et d’emploi (CAE), dont la plus importante, Coopaname, regroupe aujourd’hui plus de 500 salariés-entrepreneurs répartis en Ile-de-France et dans la Sarthe. Alors que le marché du travail est saturé et l’environnement professionnel de plus en plus agressif pour les salariés, cette structure particulière de l’économie sociale et solidaire (ESS) propose un modèle politique engagé qui offre soutien et accompagnement à tous ceux qui souhaitent redonner du sens à leur travail dans un cadre mutualisé et solidaire. « Notre idée, c’est de retrouver un travail qui s’articule dans la vie, un travail qui nous plaise, que l’on puisse faire évoluer et qui soit émancipateur, parce qu’il n’y a pas de raison à ce que la démocratie s’arrête à la porte de l’entreprise, explique Noémie de Grenier, codirectrice générale de Coopaname. Et cette émancipation des personnes, passe par les moyens collectifs que l’on se donne – en l’occurrence, par la construction d’une entreprise collective comme la nôtre. »

Une entreprise multi-activités et ouverte à tous

Dans le détail, Coopaname offre la possibilité à tout travailleur, quel que soit son métier (artisan, graphiste, webdesigner, e-commerçant...), d’intégrer librement la coopérative pour y lancer son activité tout en bénéficiant d’une protection sociale (cotisation chômage, Sécurité sociale, retraite). Toute la gestion administrative, fiscale et comptable est assurée par une équipe dédiée, « ce qui permet aux membres de la coopérative de se concentrer sur leur projet plutôt que de passer leur vie à essayer de comprendre des courriers de l’Urssaf », précise Noémie de Grenier. La responsabilité juridique repose quant à elle sur l’entreprise, et non sur les personnes. Chacun bénéficie également d’un accompagnement et de conseils spécifiques ; il participe à des ateliers, à des rencontres entre « coopanamiens » et apporte aussi son savoir-faire à l’entreprise.
Une fois que l’activité commence à dégager du chiffre d’affaires, l’entrepreneur devient salarié de Coopaname. C’est la coopérative qui émet et encaisse ses factures avant de lui verser un salaire mensuel calculé en fonction de ce que son activité lui rapporte. « A partir de son propre chiffre d’affaires, le coopérateur règle ses charges sociales et patronales, ainsi que ses frais », précise la codirigeante.

La possibilité de devenir sociétaire

Coopaname se détache du fonctionnement traditionnel de la CAE (lire aussi l’encadré ci-dessous), dans la mesure où elle refuse de n’être qu’un simple sas préparatoire à la création d’une entreprise individuelle. Les entrepreneurs-salariés ont vocation à rester dans la structure et à devenir sociétaires dès que leur activité se pérennise. Ils prennent alors part au capital de l’entreprise et peuvent participer à l’élection du conseil d’administration ainsi qu’aux décisions stratégiques.
Seul bémol à l’aventure : les salaires moyens des coopanamiens restent encore plutôt faibles, même s’ils sont légèrement supérieurs à ceux des auto-entrepreneurs. « On n’échappe pas à l’univers dans lequel on évolue, où il y a à la fois un véritable champ des possibles, mais aussi une dureté de l’environnement économique », constate Noémie de Grenier. Pour continuer malgré tout à se développer, Coopaname s’est alliée il y a deux ans à d’autres acteurs de l’ESS avec la volonté de constituer une véritable mutuelle de travail, à l’image de ce qui se fait au sein des mutuelles de santé. « L’idée, c’est de construire un endroit dans lequel on mutualise surtout du risque et où l’on a vocation à se sécuriser les uns les autres afin que chacun puisse gagner correctement sa vie en faisant ce qu’il aime dans un environnement démocratique et bienveillant », conclut Noémie.
Aliisa Waltari

 

Une CAE, qu’est-ce que c’est ?
Une coopérative d’activité et d’emploi (CAE) est un regroupement économique solidaire de plusieurs entrepreneurs. Ces structures collectives de l’économie sociale et solidaire (ESS) sont nées au milieu des années 90, à un moment où les pouvoirs publics encourageaient fortement les chômeurs à créer leur propre activité. Elles ont l’avantage de remédier à la précarité du statut des auto-entrepreneurs (les anciens indépendants) en offrant aux porteurs de projet des solutions plus sûres pour lancer leur activité. En rejoignant une CAE, l’entrepreneur peut tester la viabilité de son projet tout en bénéficiant d’un accompagnement, d’un cadre juridique déjà existant et d’une structure où toute la gestion administrative, fiscale et comptable est déjà assurée. Quand son activité devient solvable, il peut acquérir le statut de salarié-entrepreneur de la coopérative en CDI. Une fois l’activité pérennisée, le membre peut décider de quitter la CAE pour voler de ses propres ailes en créant sa propre entreprise. Si son projet de fonctionne pas, il peut tout abandonner pour retrouver son ancien statut, qui est généralement celui de demandeur d’emploi. Il conserve alors tous ses droits et sa protection sociale.

 

 

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