Boissons énergisantes : consommation à risque

Publié le 25.10.2016  |  Dossier

Présentées par les industriels comme ayant des propriétés stimulantes tant au niveau physique qu’intellectuel, les boissons énergisantes, ou « energy drinks », sont à la mode. Pourtant, le mode de consommation de ces produits peut avoir des effets indésirables sur la santé.

boissons énergisantes et santé - actu mieux etre

Autorisées à la vente depuis 2008 en France, les boissons énergisantes rencontrent de plus en plus de succès, notamment auprès des jeunes, grâce à un marketing agressif. Les effets revendiqués dans les publicités sont nombreux : elles procureraient un regain d’énergie, amélioreraient les performances physiques, favoriseraient la concentration… Mais ces produits, qui appartiennent à la catégorie des boissons rafraîchissantes, ne sont pas définis d’un point de vue réglementaire.
Côté composition, les boissons énergisantes contiennent pratiquement toutes de la caféine. « Les autres ingrédients varient, précise le professeur Xavier Bigard, président de la Société française de médecine de l’exercice et du sport. Généralement, il y a de la taurine, du glucuronolactone (un dérivé du glucose) et des extraits de plantes, comme le guarana. La composition en sucre diffère également en fonction des marques : certaines en contiennent beaucoup, tandis que d’autres, qui affichent l’argument zéro calorie, n’en comportent pas du tout. » En 2012, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) identifiait un peu plus de 120 boissons énergisantes disponibles sur le marché français, et autant de recettes possibles.

Les effets indésirables de la caféine

Dans un rapport d’expertise publié en septembre 2013, l’Anses a observé que des effets indésirables d’ordre cardiovasculaire, psycho-comportemental ou neurologique pouvaient être associés à la consommation des boissons dites énergisantes. « C’est surtout la caféine qui peut poser un problème sanitaire, explique le professeur Bigard. C’est un excitant qui peut avoir des effets indésirables, notamment chez les personnes ayant des antécédents cardiaques ou des antécédents d’épilepsie. En revanche, concernant l’utilisation de la taurine, aucun élément n’a permis de démontrer, à ce jour, l’existence d’un danger avéré. »

A éviter avec l’alcool ou pendant le sport

Les energy drinks sont consommées dans différents contextes. En France, selon l’Anses, environ 32 % des adeptes les boivent lors d’occasions festives (bars, discothèques, concerts, etc.), 41 % en lien avec une activité sportive, et 16 % les mélangent avec de l'alcool. Or, ces deux derniers modes de consommation présentent des risques. L’agence constate ainsi que « la consommation conjointe de boissons dites énergisantes et d’alcool favorise des situations à risque dues à une surestimation par la personne de ses aptitudes, ce qui peut l’amener à poursuivre sa consommation d’alcool et à augmenter la prise de risques ». De même, ces boissons ne sont pas adaptées à la pratique sportive. « Elles ne sont pas utiles au sportif et n’ont d’intérêt ni pour la performance physique ni pour l’hydratation, puisqu’au contraire elles augmentent le risque d’accident à la chaleur », souligne Xavier Bigard. Elles ne doivent d’ailleurs pas être confondues avec les boissons énergétiques, ou sport drinks, qui sont adaptées aux besoins du sportif et dont la composition est encadrée réglementairement. Ces dernières sont disponibles dans les rayons « nutrition » et ne contiennent pas de caféine.

Modérer sa consommation

Pour limiter les risques, le professeur Bigard estime qu’il « faut rester raisonnable et ne pas consommer plus de deux canettes par jour ». Depuis 2015, en effet, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) recommande aux adultes en bonne santé de limiter leurs apports quotidiens en caféine à 400 mg, quelle que soit leur provenance. Au-delà de cette dose, il existe un risque pour la santé. De son côté, l’Anses a émis une liste de recommandations. Elle préconise « d'éviter la consommation de boissons dites énergisantes en association avec l'alcool ou lors d'un exercice physique ; d’être particulièrement vigilant vis-à-vis des apports en caféine, notamment via les boissons dites énergisantes, pour certains consommateurs, en particulier les femmes enceintes et allaitantes, les enfants et adolescents, les personnes sensibles aux effets de la caféine ou présentant certaines pathologies, notamment certains troubles cardiovasculaires, psychiatriques et neurologiques, insuffisance rénale, maladies hépatiques sévères ». L’Anses recommande enfin, « d’une façon générale, de modérer la consommation de boissons caféinées pour l’ensemble des consommateurs ».
Par ailleurs, le Parlement européen a adopté au mois de juillet une résolution visant à interdire les allégations santé sur les canettes. Les industriels ne pourront donc plus vanter d’éventuels effets positifs sur la vigilance ou la concentration dans les publicités pour leurs boissons.
Léa Vandeputte

 

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